Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

L’intranquillité

Alors que tout se bouscule sur le front toujours mouvant des médias, de la dramatisation de la Coupe Davis autour d’un Tsonga  blessé et d’un Président de la République assistant à la défaite du double avec Martine Aubry, jusqu’à la surmédiatisation d’un jeu de dames entre l’enquête sur les photos volées montrant Julie Gayet dans les jardins élyséens avec le maître des lieux et la contre-offensive dans le « Times » de l’ancienne Première Dame qui « mondialise » son best-seller (en passe de devenir un « Very Best Seller). La Vème République souffre à nouveau du temps des affaires avec trois présidents de l’OM en garde à vue : liaisons dangereuses entre football, mafia et matchs truqués. Quant à notre F. Hollande, il connaît des ennuis (un peu trop systématiques et expliquant peut-être son impopularité) qui frappent l’exécutif par surprise avec une étonnante implacable régularité comme la fatalité dans la tragédie grecque.

« Un arc de Juppé à Valls »

Ainsi après les affaires Cahuzac et Thevenoud, le limogeage de Delphine Batho, le fracas des départs de Montebourg, Hamon et Filippetti, c’est maintenant un proche du Président, Kader Arif, qui est remercié pour des soupçons de favoritisme … Comme si une malédiction – comme la pluie qui accompagne souvent le Président – planait sur tous les gouvernements du quinquennat, comme si le Président ne pouvait connaître une séquence de dix jours tranquille (le Président n’aura pu jouir d’une relative quiétude politique qu’au cours de son long périple dans les mers australes). Événement intervenant au moment où le chef de l’État retombe à son niveau record de septembre (13% de satisfaits, 85% de mécontents) même si semblent se dessiner l’obscur sentiment d’une prise de conscience de la dureté des temps et une forme de reconnaissance de la bonne volonté du Président qui pourrait être déterminante dans l’évolution de la deuxième moitié du quinquennat. Paradoxe d’une impopularité désespérante dans une France profondément désorientée, au désarroi de laquelle il faut tenter de répondre. Avec d’autant plus de difficultés que l’élection du Président de la République au suffrage universel direct coupe la France en deux (mais personne n’osera revenir sur ce scrutin populaire qui pourrait devenir … populiste ! ) et que ne peut politiquement s’exprimer cette « France radicale » avec « l’arc qui va de Juppé à Valls qui incarne (selon Jean-Louis Bourlanges) ensemble  ou plutôt séparément l’exigence des réformes et l’adaptation du pays au monde de demain ». Mais comment faire quand le mode de fonctionnement de la Vème République privilégie le rapport de force : « à 51% vous avez tout ; à 49% vous n’avez rien ». Peut-être en fondant quelques espoirs dans la mission mise en place par le Président de l’Assemblée nationale pour proposer une révision « existentielle » de notre Constitution et prendre en compte avec le citoyen, « l’individu existant », celui du quotidien en proie à des problèmes – notamment de chômage – non réglés par les politiques, entraînant désespoir républicain et messianisme populiste !

 


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