Stéphane Anglio
Stéphane
Anglio

L’intermittence du spectacle  

Chaque semaine, je teste pour vous diverses choses, sans me soucier des risques que j’encours lors de ces immersions mytho-journalistiques. Dans cette jungle d’idées et de sujets de chronique qu’abrite mon cerveau cohabitent plusieurs tests; le tri sélectif, sortir avec une star du X (me contacter par email), truquer une machine à sous ou encore gagner l’Eurovision sans avoir de barbe… Mais cette semaine, j’ai réalisé que naturellement, je testais déjà depuis plus de 10 ans l’intermittence du spectacle.

Ce matin, 9h. Je me rends chez un médecin qui me reçoit pour la première fois. Régulièrement exposé aux plumes des danseuses de la Revue du Cabaret Ô Toulouse avec mon duo comique Stef et Jim (oui, je fais ma pub), je voulais m’assurer que mon petit rhume n’était en rien l’un des symptômes d’une grippe aviaire.

Puis vint le moment de remplir ma fiche de nouveau patient :

  • « Nom, prénom, âge, antécédents familiaux ? »

Deux questions de plus et j’exigeais un avocat.

À ‘’Profession’’, je répondis : « je suis intermittent du spectacle. » Rictus du généraliste…

 « L’intermittent est-il aussi important que Houellebecq ? »

J’imagine déjà mes confrères corriger mes propos : « on est artiste avant tout, l’intermittence n’est qu’un statut ! » Ils ont raison, mais d’interminables discussions m’attendent si je réponds :

  • Comédien : « Et Jamel, il est petit ? Et Kavanagh, il est sympa ? Et Gad, il rêve vraiment d’une banque ? »
  • Musicien : « Mon cousin de Quimper est guitariste dans un groupe breton, tu le connais ? »

L’intermittence est certes une grande famille qui réunit danseurs, monteurs, musiciens, techniciens, etc, mais aussi, parfois, agents de sécurité des plateaux TV, cuisiniers de grands restaurants et secrétaires de producteurs chargées des photocopies.

WTF ? Un univers similaire à celui de Star Wars : toujours deux côtés de la Force.

D’un côté, l’enfant qui déclare : « adulte, je serai artiste » ; de l’autre la réponse de ses parents : « ah non, tu ne peux pas être les deux ! »

D’un côté, au Pôle emploi spectacles, le terme ‘’allocation chômage’’ apposé sur les dossiers d’acteurs et cadreurs du cinéma ; de l’autre la soirée au Gaumont que s’organisent les conseillers de cette même agence.

Reformer l’intermittence, est-ce ‘’assassiner la culture’’ ? L’intermittent est-il aussi important que Houellebecq ?

En tout cas, on rirait autant si ce dernier présentait les Reines du shopping sur M6, qu’un banquier face à une demande de crédit immo d’un intermittent.

Et puis la course aux cachets file la migraine.

 

 

 


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