David Saforcada
David
Saforcada
bonapartiste

L’honneur d’un général

Nuits difficiles, journées agitées, à réfléchir aux différentes façons d’aborder l’arrestation du général Piquemal. En effet pour l’ancien militaire que je suis, membre de l’UNC*, de l’ASAF**, il est dur de ne pas prendre immédiatement la défense du général et d’ailleurs je l’ai fait dès l’annonce de son interpellation. On ne touche pas à notre armée sauf bien entendu lorsqu’il s’agit des quelques ordures qui existent dans tous les conflits, Opex ou hors du service et qui salissent l’uniforme par des agissements contraires à toute morale.

Toucher au général Piquemal, c’est pour moi comme toucher à la mémoire de nos officiers, sous-officiers et militaires du rang qui ont donné de leur vie pour que vive la France, c’est comme si demain quelqu’un venait à toucher à la mémoire de ceux de Verdun, de Bir Hakeim, de Diên Biên Phu, des Aurès, de Beyrouth, de Daguet, de Sarajevo, d’Afghanistan et du Mali. Je ne suis pas “Libé” qui préfère Rouillan à Bigeard, à chacun ses héros ou ses salops…

Mais…

Oui, il y a un “mais” pour moi. Pour être clair j’ai toujours dénoncé et combattu, et je continue, tout autant la “verrue” de Calais que la politique migratoire de Bruxelles et de Paris. “Mais” cela sans qu’il faille être prêt à s’associer avec n’importe qui et n’importe comment. Le n’importe qui tout le monde sait quelles sont les frontières que je me suis donné tant en mouvements qu’en personnalités. Chez moi, c’est plus Renan que Barrès qui l’emporte, le patriotisme n’est pas le racisme crasse. Le n’importe comment c’est de s’assurer des conditions optimales de manifester et de ne pas se retrouver dans le flou total, ici avec Pegida, ailleurs avec d’autres groupes ou personnes. Le jour où il faudra descendre dans la rue, j’y serai avec mes compagnons bonapartistes et notre drapeau ne sera que bleu, blanc, rouge.

Pour ce qui est du général Piquemal, je fais la différence entre l’homme et le mouvement auquel il s’est greffé. Mouvement qu’il a d’ailleurs dénoncé le lundi soir après sa libération. Mais, encore ce “mais”, doit-on considérer qu’un militaire, aussi glorieux soit-il, soit au-dessus des lois ? Peut-on penser, comme lui sûrement, qu’il est sorti de la légalité pour entrer dans la légitimité ? Peut-on penser que le général sincère est celui du lundi 8 février et non celui que le gouvernement, et certains médias, ont décrit le 6 février, date au combien historique pour la “Gueuse” ? J’ai ma réponse, mais comme l’a écrit Antoine de Saint-Exupéry: «Puisque je suis l’un d’eux, je ne renierai jamais les miens quoi qu’ils fassent : je ne parlerai jamais contre eux devant autrui ; quoi que je pense alors sur eux, je ne servirai jamais de témoin à charge!»

Hier, j’étais Bigeard, aujourd’hui je suis Piquemal et demain, s’il le fallait, je serais Barrera*** ou un autre.

 

*Union Nationale des Combattants

**Association Soutien à l’Armée Française

***Commandant de l’opération Serval au Mali

 


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.