Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

L’heure du bilan a sonné

Au vu des résultats du 13 décembre, mettant fin à une drôle de campagne au cœur ardant de l’état d’urgence, interrompue par celui-ci puis relancée par une forme d’hystérisation primoministérielle, ce n’est l’absence de victoire du FN dans aucune des 23 régions qui suscite l’événement de ce second tour malgré un gain en voix dans certaines régions : s’il avait pu diriger une région, le FN aurait gagné en légitimité sans prendre de risque politique ; s’il avait pu diriger ne serait-ce qu’une région, le FN aurait voulu faire la démonstration de ses qualités de gestionnaire comme il le fait dans certaines mairies et les électeurs auraient dit : « Pas de catastrophe majeure ». Ainsi le FN laisse s’échapper un immense capital symbolique qui aurait pu le faire jouer dès maintenant dans cette “cour des grands” tutoyée lors du premier tour même s’il ne faut pas oublier comme le souligne Laurent Davezies « que les régions sont des nains politiques et n’ont que peu de pouvoir en matière d’action publique. » Ainsi les leçons à tirer le sont moins paradoxalement pour l’avenir des 13 régions que pour le destin de la vie politique en France. Les premières leçons qu’on peut déjà tirer sont les suivantes :

 « Les premières leçons qu’on peut déjà tirer  »

- Chacun des principaux leaders avait le ton du futur candidat aux présidentielles qu’il se sentait être ou voulait être, le conduisant, après la peur suscitée par le FN à insister sur le mot “rassemblement”.

- Le mot d’ordre si usité dans toute politique “au pays des merveilles” n’en a que plus de force dans une France marquée par les événements de janvier et de novembre 2015, mais aussi dans un pays où quatre régions ont résisté au FN par la politique dite du “front républicain” initiée en 2002 avec Jacques Chirac.

- Xavier Bertrand a su être le porte-drapeau de ce “rassemblement” en essayant peut-être de vouloir faire mentir Martine Aubry quand elle déclarait au Monde que « Sarkozy avait tué la République et F. Hollande la politique ».

- Chacun est désormais clairement et fortement dans les starting-blocks des présidentielles sachant que Marine Le Pen a toutes les chances d’être présente en tête dès le premier tour. Ses adversaires constatant et espérant que le désormais efficace “front républicain” donne des résultats au point d’empêcher Marine Le Pen de transformer au second tour l’essai marqué au premier.

- Comme le souligne L. Davezies, « c’est le désastre économique et les inégalités territoriales qui expliquent la montée du FN ». Cela veut dire qu’un changement de politique pourrait vraiment modifier la donne. Le sursaut républicain du 13 décembre 2015 y engage.

 

 

 

 


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