Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

L’Europe Nobélisée

Alors que les médias distillent des précisions ou embarquent le citoyen-lecteur vers des sujets et des thématiques relatives à l’élue écologiste de Paris mise en examen pour blanchiment, à la dissolution de la «BAC» de Marseille, au cafouillage Élysée – Matignon sur les réparations concernant l’esclavage, à la refondation de l’école au cœur ardent du républicanisme flamboyant de Peillon-Hollande, aux supputations relatives à la prochaine et éventuelle audition de N. Sarkozy qui vient de participer à l’une de ses premières conférences à New-York, à la prochaine affaire Lamy, la ville du ministre reposant sur un permis illégal, à l’échec de la fusion EADS-GAE (on parle du veto d’Angela Merkel) deux événements méritent de plus amples commentaires : l’attribution du Prix Nobel de la Paix à l’Union Européenne et le sondage du JDD donnant le résultat d’hypothétiques présidentielles si elles s’étaient déroulées Dimanche 14 Octobre.

Le Prix Nobel de la paix à l’Union Européenne tout d’abord. Reconnaissance pour le chemin parcouru mais aussi encouragement pour des lendemains qui pourraient mieux chanter. L’Europe n’est pas uniquement l’espace et la géographie d’une crise qui n’en finit pas. Elle est aussi un volontarisme et une volonté politiques permettant de fonder la paix sur une communauté de valeurs supranationales tout autant que nationales, dans une forme de confédération voire de fédération d’États-nation. De son lancement par la Déclaration Schuman le 9 Mai 1950 jusqu’à aujourd’hui, nous avons connu, nous Européens 60 ans de paix grâce notamment à la réconciliation franco-allemande (même si cette amitié reste un contrat !) Prix Nobel de la paix pour une entité commerciale internationale qui -paradoxe – n’existe pas politiquement, militairement, diplomatiquement (pas de siège au Conseil de Sécurité de l’ONU) et qui n’a pas encore répondu à la question : qui se rendra à Oslo pour recevoir ce Prix Nobel ? Qui empochera les 930 000€ de récompense ? Qui prononcera le discours du récipiendaire sur les 60 ans de l’histoire européenne ? Barroso, le Président de la commission européenne, Van Rompuy, le Président du Conseil européen ou Martin Schulz, le Président du Parlement européen ? Et pourquoi ne pas adopter la proposition symbolique de Cécilia Malmström – commissaire européenne aux affaires extérieures – souhaitant envoyer 27 enfants à Oslo pour recevoir le prix ?

Le sondage du JDD ensuite, pour enrichir l’imaginaire politique et nous donner les résultats d’une Présidentielle qui aurait lieu en ce moment : au premier tour, N. Sarkozy obtiendrait 29.5 % et Hollande 28 % ; au deuxième tour, l’égalité serait presque parfaite à 50%-50 %. Au-delà de l’aspect virtuel (donc bien évidemment sans autres conséquences que la confirmation d’une défiance envers le Chef de l’État) ce «50- 50» montre que F. Hollande déçoit en début de quinquennat et que N. Sarkozy n’incarne pas encore le recours qu’il rêve peut-être d’être. Pour un responsable de l’IFOP, «il reste encore dans le pays un réflexe «tout sauf Sarkozy» qui n’est pas encore sorti des affres de la défaite. Il n’est pas à ce jour un recours pour la droite. Reste donc à l’ancien Président s’il veut se réinscrire complètement dans le jeu politique à se faire désirer, à maintenir Fillon à distance, à éviter les juges et à revenir «blanchi» de l’affaire Bettencourt. Quant à F. Hollande, quelque peu enlisé sur le front interne, il revêt pour le nord du Mali ses habits de guerrier, «prêt à l’aventure extérieure», le ton martial à l’ONU et en Afrique : qui a, en effet, oublier que la guerre à l’étranger peut servir à détourner l’attention d’un enlisement intérieur ?

 

Stéphane Baumont


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