Thomas Simonian
Thomas
Simonian

L’été américain

Cet été, il faudrait un nouveau souffle, une nouvelle comédie entraînante, une nouvelle passion ardente, pour rebooster le cinéma français. Face au mur insurmontable construit par l’industrie du film outre-Atlantique, chaque sortie française semble s’écraser inlassablement, sans même pouvoir essayer de lutter. Car chaque brique US est béton.

 

D’abord, Fast and Furious 6, avec ses 2 985 000 millions d’entrée au box-office, caracole en tête. Vin Diesel prend de l’âge. La saga vroum vroum, elle, ne s’essouffle pas d’un poil – à l’instar de Vin Diesel qui n’a toujours pas un poil sur le caillou. Même combat, pour World War Z, avec Brad Pitt, sur la fin du monde par les zombies, qui n’est pas mauvais non plus puisqu’il cumule déjà 1 546 000 entrées depuis mai 2013. Sorti mercredi, Pacific Rim, le nouveau bébé fantastique du mexicain Guillermo del Toro, semble aussi bien parti, et pourrait lui aussi conforter la domination estivale d’Hollywood. En période estivale, les Blockbusters plaisent, le public jeune est friand des émotions pétaradantes et sans chichi.

 

Et la liste est encore longue : Man of Steel, Moi, moche et méchant 2, Very Bad Trip 3, After Earth … Les petits frenchies n’y peuvent plus rien. Ce sont surtout les démarrages qui sont les plus compliqués. La comédie «Les Reines du Ring» avec André Dussolier et Nathalie Baye, qui s’annonçait pourtant comme un joli petit succès bleu-blanc-rouge, déçoit le public, puisque son nombre d’entrées n’est finalement pas au beau fixe. Sorti mercredi dernier, Le Grand méchant loup, comédie avec Benoît Poolvorde et Fred Testot  n’a quant à lui réuni que 99 332 spectateurs pour ses cinq premiers jours.

 

Seul Daniel Auteuil pourrait -un peu- sortir du lot, sans pour autant terrasser même une brique du mur américain. En tentant le tout pour le tout – ses deux films Marius et Fanny sont sortis en même temps, histoire de décupler les chances -, il pourrait jouir du fort potentiel patrimonial de Marcel Pagnol pour au moins rester plus longtemps à l’affiche. Quand les grillons marseillais et le soleil de Provence s’attaquent aux monstres démesurés des Américains.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.