Alex Lekouid
Alex
Lekouid
L comme Lekouid

L’escrimeur à la plume d’oie…

 

Entre humour et amour, ma plume balance comme toujours ! De nos jours un « salut, tu bois un verre » ou un clic sur le net  suffisent pour une partie de jambes en l’air ; mais cela n’a pas toujours était comme ça ! Imaginez le chevalier voulant courtiser une princesse. Il devait pour lui plaire, écrire des proses et des rimes, puis lui envoyer par coursier à travers les monts et les plaines, pour que cela lui parvienne. C’est seulement là qu’elle pouvait découvrir les mots débordant d’amour, sous le cachet dégoulinant en peau de Babybel fondu, faisant foi de sa bonne foi. Quel chantier ! Tout ça dans l’espoir, de peut-être lui baiser la main ; il fallait en vouloir ! Et si après avoir accepté le rendez-vous, la Damoiselle lui posait un lapin ! Alors il fallait qu’il remanie la plume d’oie comme un fleuret et faire mouche avec sa poésie pleine de sang d’encre. Enfin ! s’il voulait voir, un jour, en l’air, les jambes princières, au-dessus de son derrière… mais voyons cela de plus près : « Très Chère Damoiselle, je suis meurtri que vous n’ayez pas pu m’honorer de votre présence. Je vais vous conter ce que j’avais préparé pour vous témoigner mon affection. (Là il lui exprime sa frustration et tente de générer des regrets). Tout aurait commencé par un accueil chaleureux du peuple, qui criant votre nom, vous aurait accompagnée jusqu’à ma demeure, exclusivement dédiée à votre confort. (Il la flatte et la rassure en lui indiquant qu’il fera changer les draps et que la maison à toutes les commodités).

En longeant la rivière aux reflets de diamant, mon carrosse vous aurait déposée devant une auberge d’où l’on peut voir le soir, les étoiles border les montagnes. (Il lui promet des bijoux, contre des bisous et lui conseille de s’habiller chaudement, car on se pelle dans cette cantine). Afin de voir apparaître le sourire de la plus délicieuse des femmes,  je vous aurais attendue dans ma tenue de chevalier. (Là il lui dit qu’il est connu dans ce bistro et qu’il faut qu’elle sache se tenir, sinon ça va chier). À chacun de vos pas vers moi, j’aurais détaillé toutes les parties de votre personne jusqu’à ce que face à moi,  mon émotion se mêle à votre parfum profond. (Il lui conseille de prendre une bonne douche, de mettre une robe neuve avec des dessous affriolants, si si, il insiste). Un dîner aux multiples petits plats nous aurait comblés et les vins enivrés par leurs bouquets libérés. Les musiciens nous auraient joué au violon des thèmes envoutants, rythmés au tambourin. (Amuse-bouche et salade verte devraient suffire et il faudra ouvrir plusieurs bouteilles pour en trouver une qui ne soit pas une piquette. Ps: prévoir de la monnaie pour les musiciens tziganes sdf).

Pour agrémenter notre conversation, nous aurions pioché au hasard des petits papiers, dans un coffret argenté. Sur chacun d’eux, un sujet à développer à bâtons rompus : pensées, confessions, sentiments du moment, secrets. (Elle devra tout dire de sa fortune et de ses aventures, fini de jouer au con). Puis, je vous aurais fait danser tout en vous flattant dans le creux de l’oreille, jusqu’à vous faire chavirer. (Il a l’intention de la faire boire et de la peloter pour finir déculottée). Alors donnez-moi un nouveau rendez-vous, sinon de mon chagrin, je ne viendrais pas à bout. J’attends donc votre missive, confirmant notre prochaine rencontre. (Il lui demande de se dépêcher d’accepter cette invitation, car il y a d’autres clientes en attente !). Veuillez croire, très Chère Damoiselle, en ma sincère frustration, qui n’a d’égale que le plaisir de vous voir. (Il lui demande d’être indulgente, ça fait deux ans qu’il n’a pas niqué !) » En fait, rien n’a changé, à part la poésie…

 

 

 


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