Marc Sztulman
Marc
Sztulman
Un Toulousain concerné

Les Toulousains, grands oubliés de la Municipale ?

Irriguées de vocabulaire belliqueux (la campagne, les tractations, les alliances, la victoire, la défaite…), les élections ne sont que la continuation de la guerre par d’autres moyens. Une analyse sommaire de l’échiquier toulousain montre une symétrie concernant le placement des différentes listes : une liste principale, menée par un grand parti (PS ou UMP), une liste satellite qui partage parfois le bilan de la liste principale (EELV ou UDI) et enfin une liste à l’extrémité du spectre (Parti de Gauche ou FN). Puisque le terrain est identique, les deux têtes des listes principales seront soumises au même dilemme : sans unité de sa famille politique, pas de victoire ; avec de l’unité à tout prix, pas de dynamique et donc pas de victoire. Je passerai très vite sur les extrêmes. La simple idée de négociation revient à accepter à plus ou moins long terme leur idéologie. Et courir après des démagogues, cela revient à se suicider pour se sentir en vie… La seule solution classique est la stratégie de « la tension » : marginaliser les extrêmes pour gouverner au sein du consensus républicain. Concernant les listes satellites, à droite comme à gauche, elles se singularisent par un passé commun avec la liste principale et une volonté de s’en émanciper. Pour les listes principales, elles sont synonymes de dispersion des voix, et de défaite. Cependant, leur absorption a un coût : la négociation. Bien menée, elle fait émerger un leader, mal menée, elle conduit à un climat délétère et à la dispersion des troupes ; une fusion de liste, c’est un sacre ou un massacre. Ainsi, la structure du champ de bataille local amènera soit à une série de négociations à visée politique, soit à une campagne consistant pour les grandes listes à pousser les listes satellites dans des positions inconfortables. Dans ces deux hypothèses, l’élection sera davantage une guerre tactique  qu’une bataille d’idées pour Toulouse et les Toulousains, qui seront alors les grands oubliés de cette campagne…

*journaliste politique de Radio Kol Aviv (101fm)


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