Marc Sztulman
Marc
Sztulman
Un Toulousain concerné

Les Toulousaines, grandes oubliées des municipales ?

Présentée, avec beaucoup d’aplomb et peu de réflexion, comme une avancée, la loi de 2000 instituant la parité en politique a focalisé les espoirs. Néanmoins, concernant les scrutins de liste, dont les municipales sont l’épreuve reine, il est possible de douter de l’apport de la parité pour l’égalité homme-femme. Cristallisant les enjeux, les déceptions et les passions, la liste pour être acceptée en préfecture doit comporter un nombre identique d’hommes et de femmes. Dans une vision égalitariste des rapports hommes/femmes, on ne peut que déplorer qu’aucune démarche similaire n’ait été entreprise pour les fonctions où les femmes sont majoritaires (80 % des enseignants du premier degré sont des femmes). Victoire pour les féministes, « nouvelle donne » pour les partis, cette parité mathématique, cette recherche de l’égalité parfaite, est paradoxalement coupée de la réalité qu’elle entend pourtant représenter ; conséquence d’une plus grande espérance de vie, il y a en France 31 millions d’hommes pour 33 millions de femmes. Cependant, cette règle quantitative produit des effets qualitatifs dans la répartition des postes au conseil municipal. En amont de la victoire, durant la constitution de la liste, elle permet à la tête de liste d’écarter des candidats inopportuns grâce à un critère légal et objectif. Le lendemain de la victoire, elle entraîne une répartition des délégations : aux femmes, la petite enfance et l’égalité homme-femme (rien que l’expression est suspecte, la lettre « f » étant avant le « h » dans l’alphabet), et aux hommes les délégations de police administrative et d’urbanisme. Comme si l’égalité femme-homme était un problème exclusivement féminin, et les enfants leur domaine de prédilection. Et au contraire, la police administrative ou l’urbanisme logiquement des domaines masculins… Les stéréotypes de notre enfance, poupées contre pistolets, ne sont pas loin… Et c’est précisément là que se trouve le véritable écueil de la logique paritaire : enfermer les femmes non plus à l’extérieur de l’échiquier politique, mais à l’intérieur, dans des fonctions sociales et d’affichage. Porte-flingue contre porte-drapeau, c’est ainsi que se distribuent les portefeuilles. Dès lors, cette vision de la parité a transformé l’égalité femme-homme en une approche comptable, les 50 % de femmes devenant à tout le moins une contrainte, mais plus probablement un problème dont la solution conduit à renforcer les préjugés… Finalement, si l’incompétence et la compétence se trouvent à l’identique chez les hommes et chez les femmes, tant à droite qu’à gauche — affirmation totalement inexacte pour les extrêmes — je ne peux qu’espérer, en paraphrasant Françoise Giroud, qu’un jour une femme incompétente sera nommée à l’urbanisme et un homme tout aussi incompétent le sera à l’éducation…

Journaliste politique de Radio Kol Aviv (101fm)

@msztulman


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