Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Les quatre France et le Président

Alors que les vingt skippers se sont élancés des côtes vendéennes, Samedi 10 Novembre, pour participer à la 7e édition du désormais fameux et surmédiatisé Vendée Globe – tour du monde en solitaire et sans escale – un article du journal Le Monde du 10 Novembre nous ouvre le chemin «à la recherche du temps perçu» (une sorte d’invitation au voyage dans le cerveau à la découverte d’un sens immatériel et subjectif, le temps sixième sens à explorer). C’est d’ailleurs à l’aune de ce temps perçu que d’aucuns qualifient, pour nos gouvernements de «perdu», que se situe le contexte de la prochaine conférence de presse de F. Hollande, Président en situation de défiance et d’impopularité («Le grand méchant doute» titre Le Point) qui doit reconquérir la confiance du pays alors que, comme le souligne Laurent Davezies dans son livre «La crise qui vient», quatre France prenant forme sous nos yeux : «Une France productive, marchande et dynamique, concentrée dans les grandes villes où se forgent les nouveaux atouts de la compétitivité du pays (36% de la population) ; une France non productive, non marchande et pourtant dynamique, située à l’Ouest d’une ligne Cherbourg-Nice qui vit d’une combinaison de tourisme, de retraites et de salaires publics (44% de la population) ; une France productive marchande et en difficulté, composée de bassins industriels déprimés, principalement dans la moitié nord du pays, dont le déclin semble difficile à enrayer (8% de la population) ; une France non productive, non marchande et en difficulté située également dans le nord-est du pays et faite de territoires si frappés par le déclin industriel qu’ils dépendent essentiellement des injections de revenus sociaux (12% de la population).»

Ces quatre France seront à l’écoute d’un Président de conduire une politique économique à peu de choses près, identique à celle de Nicolas Sarkozy au risque de la déception de ses troupes face aux engagements de campagne. On attend du Président qu’il justifie la hausse de la TVA au 1e Janvier 2014, le nouveau plan de restrictions budgétaires, la poursuite de la politique de rigueur salariale, la reconduction de la politique budgétaire d’austérité, la création d’une Banque Publique d’Investissements, addition d’organismes préexistants, abandon de la réforme fiscale promise prévoyant une fusion de l’impôt sur le revenu et de la C.S.G. Et certains de considérer qu’il y a volte-face de la part de F. Hollande (parole de candidat ne vaut pas et n’annonce pas politique du Président) pris «en flagrant délit de reniement (ce qui montre une nouvelle fois les limites de l’élection du Président au suffrage universel direct, ainsi que la pêche aux voix sur l’affirmation de contre-vérités voire de mensonges). Au Président Hollande, lors de sa conférence de presse à venir, de nous expliquer avec son talent oratoire plein… d’anaphores comment en sept mois de pouvoir, il en est arrivé «à faire précisément ce qu’il avait dit qu’il ne ferait surtout pas» (Laurent Mauduit). Situation tellement contraire à la morale républicaine et à l’éthique de conviction et de responsabilité que l’Express n’hésite pas à titrer à la une : «Y-a-t-il vraiment un Président en France ?» On attend donc de lui une conférence de presse historique, à la hauteur de sa tâche (plus que de ses promesses électorales), de sa fonction (qu’il redéfinisse la Présidence et affirme laisser de côté la «normalité») comme celle du Général de Gaulle en 1964. Il est temps d’oublier le Président «normal» style IIIe   ou IVe République et de rendosser non le costume «d’hyper-président» mais celui de monarque républicain exerçant son autoritas (autorité) et sa potestas (puissance). C’est cela la modernité et la fonctionnalité de la Ve République. Avec ou sans rapport Jospin !

 

Stéphane Baumont

 

 

 


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