Les piètres écuries républicaines

 

L’air du temps est aux élections. Les départementales. Oui, on les oublie toujours un peu, celles-là. Rassurez-vous cependant, elles n’ont pas échappé à la valetaille politique en manque de cocarde. Il faut dire que le conseil général de Haute-Garonne est à gauche depuis l’après-guerre (celle contre l’Allemagne, pas celle du Mali) et que l’alternance se profile. Bref, tout le monde sent l’écurie avec des bonheurs divers. Les uns parce qu’ils pourraient y rentrer, les autres parce qu’ils craignent d’en sortir. La réforme territoriale attendra : le picotin est bon, et chacun veut sa ration. Même Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de la Métropole qui milite pour que les prérogatives des départements échoient aux grandes villes, s’est mis en piste. Parce qu’un peu de ridicule ne tue pas, il n’a pas hésité à ré-inaugurer le Metronum. La  Maison des musiques actuelles est ouverte depuis un an, certes, mais pour cette occasion-bis, la Mairie depuis laquelle il recoupe les rubans s’est fendue d’un petit carton sur lequel figurait le nom de la candidate UMP qui brigue la stalle cantonale. Il s’agit de Françoise Roncato qui se disait « apolitique », quand elle menait la fronde contre le super-bus (BHNS) que voulait imposer l’ancien maire aux habitants de Lardenne. La dame a en charge « l’animal dans la ville », sa présence devenait hautement justifiée en cet endroit où le canard est proscrit. Tout aussi cocasse, la subite épidémie « d’anti-privatisation » de l’aéroport qui semble frapper la gent socialiste candidate aux mêmes élections.

« Certains parlent même d’environnement, c’est dire »

Un soudain prurit d’indignation soulève de leur séant les titulaires autant que les prétendants à cette assemblée qui, il y a moins de quelques semaines, avaient choisi de s’assoupir sur le dossier. Aujourd’hui, tous frétillent. Les uns depuis le siège qu’ils occupent, les autres depuis celui qu’ils briguent, pour dénoncer l’augmentation de trafic envisagée par l’acheteur. Certains parlent même d’environnement, c’est dire. On peut essayer de croire que le faux nez « citoyen » de l’argumentation parviendra à gruger quelques oublieux. En effet, moins d’un mois avant cette prise de position héroïque, Le JT avait  posé un certain nombre de questions au conseil général. Il s’agissait en substance de savoir si, telle que présentée par ses zélotes, la privatisation de l’aéroport ne recélait pas quelques pièges évidents. Un silence impérial avait suivi. Les mêmes n’ont aujourd’hui pas de mots assez durs pour vilipender « un projet déraisonnable et dévastateur ». Bigre ! Il faut dire que l’unanimisme vainqueur sur lequel ils surfaient pour ne pas faillir à la ligne du Parti, s’est un peu fissuré depuis : quelque 100.000 riverains concernés par les mouvements d’avions usent de moyens divers pour faire savoir leur mécontentement. Alors même que la perspective d’un regain d’activité était inscrite dans le contrat de cession, élus et postulants daignent enfin sortir la tête du sable, toute honte bue, pour s’emparer d’un sujet dont ils étaient parfaitement informés depuis le début.  Ce clientélisme sournois ajouté à cette façon de redécouper les rubans pour leurrer le vulgum, conforte le parallélisme qui, de plus en plus, existe entre le niveau des campagnes et le taux de participation : minables.

 

 

 


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