DorianDreuil
Dorian
DREUIL
Conseil d'administration Action contre la faim. Délégué à la vie associative.

« Les ONG au Sommet »

À en croire le philosophe grec Épictète « tout est changement, non pour ne plus être, mais pour devenir ce qui n’est pas encore ». C’est en substance la pensée qui devrait conduire l’organisation du premier Sommet humanitaire mondial qui aura lieu en Turquie courant 2016. Penser et organiser l’humanitaire de demain pour redessiner le paysage mondial de l’aide internationale. Faire de l’humanitaire ce qu’il n’est pas encore même s’il n’a pas attendu cet événement pour se transformer. Il n’a cessé d’évoluer, c’est dans son ADN. De la tradition de la charité chrétienne et la zakat dans l’islam au conflit du Biafra qui a vu naître le sans frontiérisme, en passant par l’après première guerre mondiale, et la dernière rencontre internationale sur ces sujets qui remontent à 1993 avec la Conférence mondiale sur les droits de l’homme.

L’initiative d’un tel rendez-vous international est née en 2013, à l’appel du Secrétaire général des Nations-Unies Ban Ki-Moon, puis reprise par le Bureau de Coordination de l’Aide Humanitaire de l’ONU. Dès la mise en place du processus, un long marathon de consultation mondiale a été lancé pour faire un état des lieux du système humanitaire actuel. Chaque consultation régionale a conduit à un rapport de synthèse qui a ensuite était compilé dans un rapport global présenté lors du sprint final de Genève en novembre dernier.

Redessiner le paysage mondial de l’aide internationale

La consultation globale, fruit d’un processus qui a permis par sa profondeur de mettre en lumière les différences de traitement entre acteurs humanitaires sans vraiment en tirer de leçon, se conclut sur le constat d’un système divisé entre ONG du nord et celles du sud, plutôt que varié et complémentaire. Pour l’IRIN (le service de nouvelles et d’analyses humanitaires des Nations Unies) : « Le débat au sujet de la réforme du système humanitaire est une question d’argent, de principes et de changement institutionnel. Mais pour de nombreuses organisations concernées, ces questions se résument à une chose : le pouvoir ». Toutefois, cinq axes de travail semblent se dégager : la protection des civils ; le financement de l’aide ; le fonctionnement du système actuel et la tumultueuse actualité de l’immigration.

De ces cinq thématiques un enjeu apparaît comme primordial, celui du renforcement du droit international humanitaire. L’assassinat des travailleurs d’Action contre la Faim au Sri Lanka, le bombardement récent d’un hôpital de Médecins Sans Frontières en Afghanistan sont autant d’exemples morbides du non-respect des principes de protection des civils en cas de guerre. Pour Pauline Chetcuti, responsable plaidoyer humanitaire d’ACF : « Tuer un humanitaire, c’est également toucher les plus vulnérables, en les privant de l’aide dont ils ont besoin». La communauté internationale devra à cette occasion prendre les mesures nécessaires. Pour que cessent les attaques contre celles et ceux qui partent pour sauver des vies, pas pour perdre la leur. Pour que soit enfin respecté le droit international humanitaire, tel qu’il meurt de ne pas être.

Si l’on ne peut prédire les changements qui résulteront de cette rencontre internationale de haut niveau, il y aura un avant et un après qui impactera la manière de travailler des ONG, qui seront en 2016 au Sommet de l’agenda de la communauté internationale.

 


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