Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Les meilleurs vœux du président

Alors que les premières grèves de l’année illustrent la tension sociale croissante à un an et demi des présidentielles, alors que l’Etat a enregistré un déficit de 70,5 milliards en 2015, le président Hollande envoie en quelque sorte ses “vœux les plus chers” avec dix discours et dix milliards d’euros de dépenses. Des dépenses pas toujours nouvelles et pas toujours pour… 2016 ! Tout a commencé le 11 janvier où plus d’un milliard d’euros pour le service civique ont été annoncés ; puis 750 millions lors des vœux à la Caisse des Dépôts pour créer une “grande société foncière publique” et 3 milliards d’euros pour financer le logement social et la rénovation thermique des bâtiments publics ; 3 milliards de plus pour financer les fonds propres de l’agence française du développement adossée à la Caisse des Dépôts. Ce n’est pas tout : lors des vœux au Conseil économique social et environnemental, plus de 2 milliards sont avancés pour le plan “Emploi”. Puis, un milliard le 22 janvier pour soutenir la Tunisie. C’est donc plus d’une dizaine de milliards d’euros qui ont été distribués aux uns et aux autres par un chef de l’État, par plutôt un “candidat-président” promettant peut-être trop par rapport à ce qu’il peut tenir. En effet moins du quart de ce qui a été annoncé sera inscrit comme dépense nouvelle… en 2016 !

« Plus d’une dizaine de milliards d’euros qui ont été distribués »

S’ajoutent à cela rumeurs et murmures de remaniement après le départ de la Garde des Sceaux, Christiane Taubira, faisant du président “l’arroseur arrosé”. Vient donc, comme dans nombre de précampagnes, le temps des grandes manœuvres puisque, selon le Premier ministre Manuel Valls, la démission de Christiane Taubira a donné de la clarté. Dans le jeu des pronostics autour des noms de remaniement, Laurent Fabius est donné au Conseil constitutionnel ; Hubert Vedrine, Elizabeth Guigou ou Mathias Ferkl sont avancés pour le Quai d’Orsay ; certains avancent même Jean-Marc Ayrault l’ancien Premier ministre. On attend aussi un radical de gauche, Jean-Michel Baylet et peut-être même un retour de certains “écolos” avec Jean-Vincent Place.

Au moment où des pans entiers de l’économie vacillent, au moment où les promesses du président touchent leur non-aboutissement, où Jean-Luc Mélenchon n’hésite pas à déclarer que « la situation est pire que sous Sarkozy », les spécialistes s’interrogent sur le fait de savoir si le président Hollande a une autre stratégie que la somme des tactiques de réaction à l’événement ou si avec Valls et Macron il a, en réserve, dans la gibecière du “chasseur de voix”, suffisamment de munitions pour transformer les contestations.


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