Philippe Bapt
Philippe
Bapt
Quelque part au fond à gauche...

Les journalistes ont dessiné, les terroristes ont décimé

Il y a une semaine, j’écrivais mon billet en forme de vœux. Je formulais les meilleurs possibles pour 2015 malgré un environnement politico peopolo littéraire bizarre. Sans plagier quelconque humoriste, j’ai envie d’écrire : oui mais ça c’était avant le drame!…. L’horreur plutôt. Une attaque terroriste menée par deux hommes, en plein Paris, faisant plus de douze victimes. La cible est hautement symbolique. Le journal satirique Charlie Hebdo : la liberté d’expression en France. Oui les dessins étaient drôles et toujours provocateurs. Tout le monde en prenait pour son grade, et alors? Mercredi dernier nous avons, incrédules, assisté au pire. Les crayons ont eu comme réponse les Kalachnikov et le graphite, les balles. Les deux jours qui ont suivi ont été aussi insoutenables avec une autre attaque terroriste et le décès de cinq autres victimes, dont quatre pour leur confession et une pour son uniforme. Bref, dix-sept victimes plus tard, je me rends compte combien j’ai la chance de m’exprimer librement dans la presse. Combien je suis heureux de débattre librement de mes chroniques. Combien je tiens à pouvoir évoquer librement quelconque sujet qui ferait l’actualité. Plus de quatre millions de personnes sur le pavé dans toute la France plus tard, je m’aperçois avec bonheur que je ne suis pas le seul. Pourtant après l’horreur, l’abject a pris place : des prises de positions politiques inappropriées mais fort opportunes du FN jusqu’à l’exchef  de l’UMP, qui donne une conférence de presse dans un studio très élyséen : fond bleu drapeaux français et européen, sans logo UMP ou qui se faufile au premier rang des chefs d’Etat lors du rassemblement de dimanche. La question qui vient immédiatement aux lèvres est :” Et après…?” Comment faire coïncider un renforcement accru du renseignement et ne pas rogner de liberté?

« Je m’aperçois avec bonheur que je ne suis pas le seul »

Même si Robert Badinter a demandé et si Manuel Valls a décidé d’écarter un « Patriot Act » à la française, il n’en demeure pas moins que pour la fin du quinquennat l’enjeu  principal pour la gauche du gouvernement va être de pondérer justement entre liberté et sécurité intérieure.

Ce qui me chagrine déjà, avant même un embryon de réflexion, ce sont les pseudos raisonnements d’une Marine Le Pen sur la peine de mort, ou ceux tout aussi pervers de Nicolas Sarkozy et Claude Guéant sur l’amalgame de l’immigration et du terrorisme intimement liés … N’est-il pas temps de s’emparer fermement de la laïcité pour en refaire le bouclier protecteur ? Revenons aux fondamentaux. Ne laissons plus un Lionel Jospin botter en touche comme en 1989 à ce propos. Le courage politique vaincra-t-il face au prêt-à-penser d’extrêmes? Oserons-nous nous unir pour des projets communs de sécurité des citoyens qui vont bien au-delà de tel ou tel parti?  Enfin, appliquons les lois déjà en place. La politique c’est certes de la réflexion, la politique c’est aussi de la communication mais n’oublions pas que la politique c’est surtout de l’action pour les citoyens sur le terrain de la vie !  #JesuisCharlie

 

 

 


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.