Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Les Français favorables aux primaires

À un an et demi du renouvellement (ou pas) du président de la République, chacun pousse ses pions, ses livres, sa présence télévisuelle au point qu’on peut déjà presque affirmer que nous avons affaire à des “téléctions” s’appuyant sur le “sondage universel direct”. Aux colchiques dans les prés du politique correspondent les sondages dans la prospective des citoyens, continuant à faire des sondages moins des photographies que des prévisions valant presque vote ! Parmi ceux-ci celui du “Parisien” nous indiquant que 7 Français sur 10 sont favorables à des primaires, à droite comme à gauche ; elles permettent de mieux connaître les candidats et leurs propositions ; elles sont démocratiques et « utiles à la vie politique française ». À ce plébiscite sondagique, on peut apporter certaines observations dont la classe politique devrait tenir compte au moment même où 24% des Français choisissent Emmanuel Macron pour candidat de la gauche et Alain Juppé pour la droite :

« Elles sont démocratiques et « utiles à la vie politique française » »

1/ Les Français font donc confiance à leurs inspecteurs des finances ; 2/ Le caractère sélectif au sein du Parti est retenu comme le mode de désignation idéal même si la gauche ne semble pas vouloir de primaires ; 3/ Depuis 2012, le PS se trouve dans une situation paradoxale, celle d’un parti où ceux qui peuvent prétendre à la fonction suprême sont étonnamment discrets ou politiquement hors-jeu qu’il s’agisse de Martine Aubry, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, Anne Hidalgo ou même Emmanuel Macron ; 4/ C’est sur fond d’une société et d’une France bloquées que se met peu à peu en place une guerre de succession au risque d’accroître le désenchantement et la défiance des Français vis-à-vis de leur classe politique ; 5/ S’ajoute à ce climat délétère la panne de crédibilité du FN malgré la popularité d’une partie de ses idées, mais qui pour 56% des Français est « un danger pour la démocratie » ; on constate aussi, après les divisions de la gauche et de la droite, celles au sein même du FN entre Marine le Pen et Marion Maréchal le Pen qui incarne déjà une dimension de renouvellement traduisant peut-être l’incapacité durable pour le FN à susciter l’envie chez l’électorat de le voir arriver concrètement au pouvoir. Mais dans la France bloquée que nous connaissons, où le président est délégitimé par les sondages au point de susciter la gourmandise successorale d’un Valls ou d’un Macron, la question est de savoir si nous approchons d’une crise politique majeure touchant la responsabilité politique du président ou si, comme d’habitude, F. Hollande fera le roseau : pliera, mais ne rompra pas…

 

 

 


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