Philippe David
Philippe
David
L'esprit libre

Les fous du volant

La nuit du 4 août 1789, furent abolis les privilèges, enfin… en théorie, les derniers événements routiers de nos édiles sont là pour le prouver depuis quelques semaines.

Jean Louis Debré, ancien ministre de l’Intérieur et président du Conseil constitutionnel, s’est ainsi cru autorisé le 9 avril dernier, en marge d’une manifestation contre la loi travail dans laquelle il était bloqué avec son véhicule banalisé, à faire un demi-tour interdit tout en franchissant une ligne blanche. Interpellé par un fonctionnaire de police, l’intéressé ne s’est pas démonté et a téléphoné à l’inspecteur chargé de sa sécurité. Bien évidemment, il a été demandé au policier qui avait voulu faire respecter la loi de faire un rapport sur l’incident tandis que ni amende, ni retrait de points n’ont sanctionné l’infraction.

Le 8 mai, c’est Brice Hortefeux qui est pris en chasse à 170 km/h sur une route limitée à 110 par les douaniers confondant, ce qui peut se comprendre, sa voiture et un “go fast”. N’appréciant pas d’avoir été interpellé, l’intéressé s’est plaint auprès de la hiérarchie des douaniers qui ont été convoqués et sommés de s’expliquer. Bien évidemment, ni retrait de points, ni amende, ni convocation devant un tribunal alors que l’intéressé était coupable d’un grand excès de vitesse, délit passible du tribunal correctionnel.

« Difficile pour le bas peuple de comprendre ce deux poids deux mesures »

Le 13 mai, au Havre, la députée Catherine Troallic subit un contrôle d’alcoolémie positif après qu’un témoin ait appelé la police pour signaler une voiture qui zigzaguait. Rien de grave puisque ses deux enfants étaient à l’arrière et que la députée a été invitée à rentrer chez elle à pied sans subir le test de confirmation à l’éthylomètre au commissariat le plus proche, ce qui aurait été la règle pour le commun des mortels. Encore une fois, ni amende, ni retraits de points, ni sanction.

Difficile pour le bas peuple, qui prend une prune pour avoir dépassé le temps de dix minutes au parcmètre ou qui est flashé à 138 km/h relevés pour 131 retenus sur une autoroute déserte, de comprendre ce deux poids deux mesures.

Nos politiques nous rappellent le dessin animé “Les fous du volant” avec Satanas et Diabolo, Pénélope Jolicoeur, Al Carbone ou encore Roc et Gravillon.

Les privilèges en plus et l’humour en moins…


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