Philippe David
Philippe
David
L'esprit libre

L’embargo ou le sadomasochisme à la française…

La crise de l’élevage bovin de ces dernières semaines est en partie due à l’embargo russe empêchant les exportations de nos agriculteurs vers le pays le plus étendu de la planète. Hormis l’élevage bovin, les conséquences de cet embargo consécutif à la crise en Ukraine frappent l’ensemble de l’agriculture mais également d’autres pans de notre économie qui commerçaient avec ce pays de près de 150 millions d’habitants. On pense avant toute chose aux Mistral que nous refusons de livrer à la Russie suite aux injonctions américano-otaniennes qui nous coûtent une fortune chaque jour et, pire, qui ont fait de la France un pays vassal des Etats-Unis et dont on ne peut plus croire la parole au niveau international.

Elle est loin l’époque où le Général de Gaulle sortait la France de l’OTAN en pleine guerre froide après avoir soutenu les USA lors de la crise des missiles à Cuba.

Elle est loin l’époque où Valery Giscard d’Estaing était le premier chef d’état occidental à rencontrer Leonid Brejnev suite à l’intervention soviétique en Afghanistan tout en ayant condamné cette même intervention.

Elle est loin l’époque où François Mitterrand après avoir soutenu les USA dans la crise des euromissiles rencontrait Fidel Castro.

« Elle est loin l’époque où le Général de Gaulle sortait la France de l’OTAN »

Elle est loin l’époque où la France avait une politique étrangère équilibrée, indépendante, grande, fière, forte, bref française… Nicolas Sarkozy et François Hollande sont entre temps passés par là, le premier en nous faisant réintégrer l’OTAN, le second en pratiquant une politique étrangère aussi indépendante que celle d’un pays du Pacte de Varsovie à l’époque du rideau de fer…

Il n’y a d’ailleurs pas qu’avec la Russie que les injonctions américaines coûtent cher en emplois et causent des dommages économiques pour l’économie française. L’embargo avec l’Iran a en effet coûté très cher à Peugeot-Citroën qui a dû, suite à cet embargo, fermer l’usine d’Aulnay sous Bois qui fabriquait les pièces détachées destinées à être assemblées chez Khodro, le partenaire iranien du constructeur français. Renault, également implanté dans l’ancienne Perse, a également subi les dommages collatéraux de cet embargo.

Depuis la signature d’un accord sur le nucléaire iranien, il est fort probable que l’embargo s’assouplisse fortement. Les américains seront en première ligne puisque leurs constructeurs négociaient au moment même du départ des constructeurs français leur retour sur le marché local lorsqu’un accord serait trouvé et l’embargo levé. Ainsi, ceux qui avaient demandé de partir avec armes et bagages au nom de la moralité commerciale négociaient avec les mollahs pour prendre la place de ceux qu’ils avaient fait partir. Marché iranien pour certains, marché de dupes pour d’autres…


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