Brice Christen
Brice
Christen
Le cynisme aggravé

Légion d’horreur

J’aimerais vous adresser tous mes vœux et vous souhaiter une bonne année, mais vous savez comme moi qu’elle ne le sera pas. François Hollande est toujours là, EDF et la SNCF vont, comme toujours, augmenter leurs prix et leurs retards et Jean-Pierre Pernaut est toujours à l’antenne.

 

Ironie du sort ou humour poussé à l’extrême, on apprenait dès le 1er janvier que Mimie Mathy recevait la légion d’honneur, faisant ainsi mourir Napoléon une seconde fois. Institué en 1802 par l’empereur, ce titre vient initialement récompenser un individu pour services rendus à la nation. Depuis, près d’un million ont été épinglées sur autant de lauréats : écrivains, ministres, poètes et illustres personnages qui ont fait la grandeur de la France. Mais aussi à Daniela Lumbroso, Roselyne Bachelot et Stéphane Guivarc’h, ce qui prouve que depuis Waterloo on a merdé quelque part. Le même jour, le chanteur démodé Christophe recevait lui aussi le précieux sésame, mais aurait sans doute préféré qu’on lui ramène Aline.

 

Si parfois les honneurs rejaillissent de mille feux sur ceux qu’on décore, certains préfèrent refuser la distinction comme ce fut le cas d’Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Maupassant ou Maurice Ravel, pour ne citer que les plus fameux. Brigitte Bardot l’a également refusée, mais quand on l’entend aujourd’hui parler on se demande comment on a pu envisager de lui remettre. Certes, Bardot reste un symbole pour toute une génération et on ne touche pas à ce symbole ni à son visage (le temps s’en est chargé).

 

« Au fond, il n’a pas complètement tort. Les décorations, c’est surfait. »

 

Loin de tous ces érudits d’antan, en 2015 c’est un économiste jusqu’alors inconnu qui a décidé de refuser cette légion d’honneur, considérant que ce n’est pas au gouvernement de choisir qui mérite une distinction. Il en a, au passage, profité pour donner son avis sur la politique économique du gouvernement ; personne ne le lui avait demandé mais il était là, donc c’était ça ou son avis sur le ballon d’or. Au final, on se demande si plutôt qu’un réel refus idéologique, ce n’était pas un simulacre de courage pour lui préférer un bon vieux buzz comme il est, de nos jours, si facile d’en faire. Pour cause, ce monsieur dont nous tairons le nom n’a pas refusé la récompense, mais seulement sa nomination. Ou comment faire beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

 

Au fond, il n’a pas complètement tort. Les décorations, c’est surfait. Et se faire remettre une médaille pour service rendu à François Hollande c’est un peu comme recevoir le Prix Nobel de la paix des mains de Goebbels : le type ne maîtrise pas trop le sujet. Même si je veux bien admettre que Stéphane Guivarc’h a rendu quelques services à la France en jouant le rôle de plot face au Brésil (s’il avait été un peu plus habile on pouvait la gagner 7-0 cette finale) il faudra expliquer aux Français quels ont été les services rendus par Roselyne Bachelot et Mimie Mathy. L’une a commandé des vaccins, nous faisant perdre au passage un petit milliard. Et l’autre ne fait que claquer des doigts le lundi soir, le tout pour 250 000€ par épisode. Alors si vraiment elle a des pouvoirs, qu’elle s’en serve pour relancer la croissance et faire baisser le chômage. Vive l’Empereur, vive le Général, vive la France.

 


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