Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

L’effet Tsipras

 

Au moment où le procès du Carlton avec DSK en « vedette » replace le débat « libertinage - proxénétisme » sous les feux de l’actualité en déclenchant des sondages  (79% des Français pensent que DSK aurait été meilleur que Hollande ; 59% jugent que la situation économique et sociale eût été meilleure), les handballeurs français suscitent face à la « sélection » mondiale du Qatar, l’engouement passionnel des supporters pour leurs « Experts ». Plus que la Saint-Valentin toujours amoureusement fêtée, c’est « l’effet Tsipras » qui suscite commentaires et chroniques sur fond d’éventuelle crise européenne.  Le gouvernement grec doit s’entendre avec ses créanciers avant le 28 février (négociations s’annonçant comme glaciales) avec une tentative d’ajustement des positions Hollande – Merkel face au programme du gouvernement grec (sans oublier que Paris a prêté 47 milliards d’euros à Athènes ces dernières années, et Berlin près de 60 milliards). Pendant ce temps-là à Madrid, le mouvement Podemos, déstabilisant la gauche traditionnelle, a réuni 100 000 personnes dans la rue, mélangeant, avant les élections législatives de novembre et avant les municipales et régionales du 24 mai, contestation, populisme, mise en cause des partis et du jeu politique traditionnels, épreuve de force avec le gouvernement conservateur du Parti Populaire. Mais l’onde de choc provoquée par la victoire de Syriza en Grèce ne s’est pas arrêtée à Madrid, Berlin ou Paris avec un Jean-Luc Melenchon qui tente de se relancer en « surfant » sur cette dynamique (« Je suis disponible, s’il faut gouverner je le ferai … j’ai gouverné et j’en ai gardé le goût … » … « Hasta la victoria siempre »).

« Hollande doit choisir son camp »

L’onde de choc grecque a atteint Dublin, « la bonne élève » des politiques d’austérité dans la zone euro. Là aussi, la dérive populiste pourrait compromettre la reprise économique irlandaise. Là aussi, « jouer avec la dette revient à manier de la dynamite » selon l’anthropologue américain David Graeber qui n’hésite pas à dire : « Si Syriza échoue, il y a un danger de fascisme … Effacer la dette est donc le seul moyen d’écarter le danger de fascisme ». Quant au destin du président Hollande dans ces nouveaux défis, D. Graeber les définit ainsi : « S’il existe un risque de basculement à l’extrême-droite, ce n’est pas en Allemagne c’est plutôt en France. C’est pourquoi il est si important que le président Hollande rejoigne ce bloc de gauche européen en cours d’émergence. Il aurait pu jouer ce rôle en 2012 et ne l’a pas fait. La Grèce lui donne en quelque sorte une deuxième chance … Hollande doit choisir son camp, soit défendre les créanciers, soit soutenir un mouvement historique pour la protection des débiteurs et la réforme des structures de l’Union Européenne. S’il n’opte pas dans ce sens, le grand bénéficiaire sera Marine Le Pen ».

 

 

 

 


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