Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Alors que le quotidien médiatique nous entretient à la fois de l’agonie de Nelson Mandela, « source d’admiration pour le monde » pour B. Obama en voyage en Afrique, la chronique de l’écume des jours nous assène les quatre journées de garde-à-vous de B. Tapie face-à-face avec la justice, les péripéties de la centième édition du Tour de France (première en Corse, polémique sur le dopage entraînant le retrait du populaire coureur-commentateur Jalabert, arrivée de l’étape à Bastia perturbée par un bus en rade et en prime, chute générale) et bien évidemment les chiffres de la pré-campagne présidentielle au sein de l’UMP (sondage du JDD) – Sarkozy est espéré par 87 % des sympathisants UMP, Fillon par 52 % mas il reste de vraies interrogations sur la capacité de Nicolas Sarkozy à revenir dans le champ politique, les mêmes doutes d’ailleurs selon le spécialiste des sondage F. Dabi, « pour Jospin après son échec en 2002 ou DSK quand il était au FMI ». Chacun souligne néanmoins que « Sarkozy conserve une équation personnelle très forte contrairement à VGE qui avait été rayé de la mémoire de son camp après la présidentielle perdue 1981. » Sarkozy reste une sorte de « totem » pour son camp « même si avec les différentes affaires en cours et selon certains la politisation de la justice, il y a un vrai doute à droite sur la façon dont Sarkozy pourra se sortir des affaires. »

Le tout s’inscrivant depuis le début des années 2000 dans un cycle de crises en chaîne : crise du capitalisme universel avec les répliques de la grande déflation par la dette qui a débuté en 2007 ; crise des risques souverains centrés sur la zone euro qui mêle l’épuisement du modèle des Etats-providences européens et le caractère insoutenable des institutions que le Traité de Maastricht a dessinées pour la monnaie unique ; crises géopolitiques autour de la montée des nationalismes et des conflits de souveraineté en Asie, de la prolifération des armes de destruction massive, de la poussée de l’islamisme qui se déploie tout au long d’un axe qui va du Golfe de Guinée à l’Afghanistan qui a pris le contrôle des révolutions du monde arabo-musulman… crise interminable de la France dont le déclin entre dans sa quatrième décennie en menaçant de devenir absolu et non plus simplement relatif pour Nicolas Baverez qui vient de rééditer son ouvrage de 2012 « Réveillez-vous !» (éd. Fayard) en soulignant que « l’Europe reste le pôle le plus fragile de la mondialisation qui cumule la récession et le chômage, le déficit massif de compétitivité, la sous-capitalisation du secteur bancaire, le surendettement des Etats, le risque systémique d’éclatement de la zone euro. » Quant à l’économie française, elle serait « au bord de la rupture en raison de l’effondrement de son appareil de production. » Pour N. Baverez, « la France est engagée dans une stratégie vouée à un terrible échec, qui vise à installer un socialisme de marché sans capital ni capitalistes… Elle doit rompre avec le modèle insoutenable d’une décroissance tirée par les dépenses et la dette publiques d’une part, l’euthanasie de l’activité et de l’emploi marchands d’autres part.» Avec l’initialisation et l’escorte volontariste d’un « Pacte productif », d’un « Pacte économique », d’un « Pacte social » et d’un « Pacte budgétaire ». Ou nous inventons un nouveau modèle économique et social, ou nous serons inéluctablement aspirés « par une spirale de la décroissance et de paupérisation. »

 

 Stéphane Baumont


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