Thomas Simonian
Thomas
Simonian

Le téléphone rouge

Elle crie pendant quelques minutes. Lancinante, crispante ou énervante, une sonnerie de téléphone peut glacer le sang. Le destinataire de l’appel pose alors sa main sur le combiné, hésite un peu puis finit par décrocher.

 

Le téléphone devient alors le maître du suspense et la star d’une liste impressionnante de thrillers ou films d’horreur haletants (Scream, The Ring ou plus récemment The Call avec Halle Berry (voir critique ciné de la semaine)). Une liste certainement plus fournie que celle de n’importe quel objet du quotidien. On imagine mal un grille-pain ou une brosse à dents terroriser un public, même le plus averti.

 

Puis, à l’autre bout du fil, bizarrement, jamais de commercial à l’accent imperceptible convaincu qu’il pourra vendre les services d’un ramoneur alors qu’on n’a pas de cheminée. La vraie vie n’a rien de surprenant. Le cinéma lui, peut tout se permettre.

 

Colin Farrell est une icône du genre. Dans Phone Game en 2002, l’acteur irlandais déroule toutes les scènes classiques du « thriller téléphonique » : la perplexité devant la cabine téléphonique qui sonne, l’hésitation, puis le décrochage. L’interlocuteur, de sa voix sympathique, lui annonce alors que s’il ose raccrocher, il le tue.

 

Commence alors le moment préféré du réalisateur. Celui où, derrière sa caméra, il enchaîne les plans suspense et met le paquet sur la bande son. Zoom sur les pupilles dilatées du personnage, mains tremblantes, goutte de sueur qui roule sur le front. C’est le début de la fin. Avec cette méthode bien ficelée, le téléphone a-t-il encore de beaux jours devant lui au cinéma ? « Non mais allô quoi ! »

 

Ariane Riou

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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