Rémi Vincent
Rémi
Vincent
Militant du Front de Gauche - élu de Colomiers

Le putschiste et nous

Manuel Valls a réussi son putsch. Nous avons vécu en quelques jours le plus gros recul que la France ait vécu depuis les années 2000 et la conversion « démocrate » des solfériniens, idolâtrant  Blair, Clinton, Schröder… Manuel Valls incarne tout ce qu’est le monde de l’argent, l’oligarchie, les catéchistes libéraux. Il n’est pas social-démocrate, car il ne reconnaît pas l’existence d’un rapport de force en capital et travail. Il est démocrate. Il est libéral. Alors nous, hommes et femmes de gauche, que pouvons nous faire ? Malheureusement, l’avenir est sombre. La gauche de gouvernement est de droite, la droite n’est pas morte et l’extrême-droite est électoralement incontournable. La gauche écologiste et antilibérale est moribonde, alors que le Front de gauche a constitué, pendant  et autour de la campagne présidentielle, un espoir de rassemblement et de mise en commun d’une culture et d’une force. Les élections municipales et européennes ont été cinglantes. Les partis politiques ne parlent plus le même langage que les gens appelés aux urnes et les militants sont quasiment inaudibles. Le système démocratique tient par la peinture et la crise n’a pas encore atteint son pic de production de désastres et de malheurs. Aucune force politique n’est aujourd’hui à sa bonne place. Il faut inventer quelque chose d’autre. Je pense qu’il faut faire tomber les cloisons entre les organisations politiques, leurs militants et (surtout) tous les gens qui ne sont adhérents nulle part, se retrouvant sur deux points fondamentaux : le refus de l’austérité et la revendication d’une 6ème République. Les temps ne sont plus aux listes interminables de conditions politiques, qui n’ont pour objectifs et effets que de rester en dehors du jeu et de l’arène du pouvoir, situation souvent éthiquement confortable (ne pas se salir les mains dans des alliances originales, rester « droit dans ses bottes »…) Les temps sont au rapprochement radical et rapide entre les écologistes, les proches du Front de gauche, les socialistes « non alignés » et tous les autres prêts à ne poser comme préalable à ce rapprochement ces deux principes centraux : non à l’austérité, oui à l’élaboration d’une nouvelle constitution pour la République.

 

« Contre les barbares qui font ou soutiennent la politique actuelle »

 

Que vous ayez voté Jean-Luc Mélenchon, François Hollande ou Eva Joly ; Pierre Cohen, Antoine Maurice ou Jean-Christophe Sellin ; José Bové, Jean-Luc Mélenchon ou Virginie Rozière, vous devez prendre la mesure de l’état de la gauche. La seule exclusive à gauche doit être contre les barbares qui font ou soutiennent la politique actuelle, qui détruit l’écosystème et le lien social, qui prive certains de se soigner et en engraisse d’autres. Il faut créer partout, maintenant, des cadres de production idéologique et d’action sur le modèle de ce que Grenoble et Lyon ont fait et, plus proche de nous, de ce que nous avons fait à Colomiers aux municipales derrière Patrick Jimena (liste EELV, Front de gauche, dissidents socialistes). Nous ferons de grandes choses si nous travaillons par delà les partis politiques et les syndicats, et non contre eux ou derrière eux. Les partis de gauche ne peuvent se dire « représentants du peuple de gauche », tout comme les syndicats ne sont pas, à eux seuls, les représentants des salariés. Les partis et les syndicats sont des acteurs dans les rapports de force politiques et sociaux, mais ils ne peuvent plus, malheureusement, se réclamer d’une exclusive. Un monde nouveau de notre activité politique et sociale va s’ouvrir devant nous, par la force des choses, par la force des choses causées par l’oligarchie politique et économique (dont le PS et l’UMP font partie). Face au putschiste Manuel Valls et sa politique (évidemment fixée par François Hollande), il faut faire front avec de nouveaux outils, un nouveau langage, une nouvelle manière de concevoir le social et le politique, le travail et le débat, l’action et la production d’idées. Et ceux et celles, dans les appareils politiques, qui n’ont pas encore pris conscience de leur incapacité à faire cela sans inconfort et sans concessions, sans casser des cloisons et sans revenir à l’essentiel du commun à gauche, ceux-là partiront avec l’eau du bain.

Rémi VINCENT

Membre du Parti de Gauche – Front de gauche

Conseiller municipal de Colomiers – Groupe « Vivre mieux à Colomiers »


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