Philippe David
Philippe
David
L'esprit libre

Le naming, c’est Just ?

Soirée de fête au Stadium samedi dernier puisque le PSG passait par Toulouse pour un match de Ligue 1. Pour marquer le coup, l’enceinte était inaugurée dans sa configuration Euro 2016 avec feu d’artifice à la fin du match et baptême de la tribune nord au nom de Just Fontaine, recordman des buts en une phase finale de Coupe du monde (13 en 1958).

Parlons-en d’ailleurs de la tribune Just Fontaine, que l’illustre buteur considérait il y a quelques mois comme « un lot de consolation », la municipalité s’étant opposée au nom “Stadium Just Fontaine” puisqu’elle espérait un lucratif “naming” pour la principale enceinte sportive de la ville rose.

Le “naming”, cette maladie du XXIe siècle qui a transformé certains stades, ces enceintes païennes de communion populaire, en objets de consommation changeant de nom au fil des modes ou des stratégies des grandes entreprises.

Ainsi, Bordeaux est passé du “Stade Chaban Delmas” au “Stade Matmut Atlantique” tandis que Nice est passé du “Stade du Ray” à l’”Allianz riviera”, deux compagnies d’assurances qui n’ont peut-être pas regardé le fiasco du MMArena du Mans, le club de la Sarthe étant passé de la Ligue 1 à la CFA 2, division dans laquelle on ne voit jamais 25 000 spectateurs pour un match.

« Le “naming”, cette maladie du XXIe siècle »

Alors oui, au risque de paraître ringard, je n’aime pas ces stades qui changent de nom comme un joueur change de slip après chaque match. Quand, entre connaisseurs de football, on parle du Borussia Dortmund, on parle du “Westfalenstadion” et de son mythique “Gelbe wand” (le mur jaune), et non du “Signal Iduna Stadion” qui ne s’appellera peut-être plus comme ça la saison prochaine. Marre des “Emirates Stadium” à Londres ou des “Allianz Arena” à Munich.

Un stade c’est un club, une histoire, des cris de joie, des larmes de peine, des moments intenses vécus entre amis ou en famille. Des couleurs, des chants, des slogans, des drapeaux, des écharpes. Le “Gelbe wand” à Dortmund ou le “Kop” à Liverpool sont connus pour le jaune, le rouge, le « Leuchte auf mein Stern Borussia » ou le « You’ll never walk alone », pas pour représenter une marque de pneus allemands ou de capotes anglaises… Plus près de nous, les tribunes Jean Snella ou Charles Paret à Geoffroy Guichard sont connues pour leurs couleurs vert et blanc et le mythique chant « Allez les Verts ».

« Dans sa vie, un homme peut changer de femme, de parti politique ou de religion, mais il ne peut pas changer d’équipe de football ». Cette phrase de l’écrivain uruguayen Eduardo Galeano n’est peut-être plus d’actualité puisqu’un stade peut changer de nom au gré du vent des affaires. Triste époque…

 

 

 


UN COMMENTAIRE SUR Le naming, c’est Just ?

  1. Giles dit :

    Le naming ce sont des impôts en moins !

    Quant à ces “enceintes païennes de communion populaire”, cela fait 30 ans que les marchands du temple du football les ont envahis à coup de panneautiques, de dos de maillot à 25 millions, de feux d’artifices PMU et de droit exclusif C+ !

    En fait, le naming c’est le premier pas du sport business qui soit profitable aux contribuables !

    Un exemple, le naming du stade de France aurait permis d’économiser 16 millions d’euros par an majoré de la part de l’état dans sa construction (52%) soit un total de 477 millions d’euros !

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