Marc Sztulman
Marc
Sztulman
Un Toulousain concerné

Le marché des municipales

Ca y est ! Il n’est désormais plus possible de faire son marché à Toulouse sans tomber sur un militant qui nous tend le programme de sa candidate, ou de son candidat. Ce tract, imprimé sur du papier recyclable, contient le plus souvent deux séries d’informations. La première -celle qui prête à sourire- est une succession de phrases type, voire kitch, parmi lesquelles « mon équipe et moi voulons le meilleur pour les Toulousains», « Toulouse mérite l’excellence » … comme s’il existait des candidats qui ne souhaitaient pas le meilleur pour Toulouse ! Et juste après ce déballage de propos interchangeables, se trouve la deuxième série : le fameux  programme. Et il n’est pas un Toulousain qui n’ait pas imaginé son programme parfait, même mon patron de café préféré fabrique lui-même son programme. Il s’agit tout simplement d’une succession ininterrompue de réalisations à venir, de promesses à la parenté parfois disputée entre les candidats,  mais le plus souvent sans lien entre elles. De façon plus triviale et naïve, le programme, c’est ce que s’engagent à faire les candidats s’ils sont élus. Hélas, si tout le monde a un programme, peu de candidats ont un projet pour la ville, c’est-à-dire une vision permettant de donner une cohérence à un programme qui n’est alors que la mise en œuvre pratique du projet. Porter un projet pour un candidat, c’est donner du sens à son action, sortir de l’empilement de mesures visant à satisfaire telle ou telle catégorie de la population et rentrer dans une dynamique. Le projet, c’est la réponse à la question simple : Pourquoi réaliser le programme ? Sur cet aspect, certains candidats ont un sérieux problème… Leur projet est au mieux invisible, au pire inexistant. En l’absence de projet, ils multiplient les annonces programmatiques, les promesses somptuaires et les propositions folles… et quand on met en doute l’intérêt, l’opportunité ou la rationalité de la mesure, le candidat sans projet se dit pragmatique et sans idéologie. Le pragmatisme, c’est la mort du projet, c’est le cache-misère du coup par coup, c’est l’échappatoire qui permet de ne prendre aucune position globale, voire même aucune position. Sans jamais vouloir admettre que se revendiquer comme pragmatique est déjà une idéologie en soi ; celle des solutions à court-terme, le pansement plutôt que le médicament. Ainsi, il en va de la municipale comme du marché, pour être efficace, il vaut mieux suivre une recette, que de se perdre dans les étalages…

Journaliste politique de Radio Kol Aviv (101 fm)

@msztulman

 

 

 


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