Alex Lekouid
Alex
Lekouid
L comme Lekouid

Le gyrophare-ouest

 

5h du matin, un bruit de plus en plus fort envahit la nuit paisible d’une petite ville. Un bolide rouge à la calandre marquée d’un cheval cabré, roule à vive allure sur le boulevard principal. À l’autre bout, dans la lueur bleue tournante de son gyrophare, le gendarme RIffe attend les pouces enfoncés derrière son ceinturon, en plein milieu de la chaussée. Le regard figé, le corps en avant, il sait que le face à face ne devrait pas tarder, c’est la seule sortie vers l’ouest. Pris au piège, le chauffard freine à faire hennir ses pneus et s’arrête de justesse, le pare-choc collé aux plis du pantalon impeccable de ce cher Riff. Le fonctionnaire  grimaçant contourne les 500 chevaux fumants en fixant le chauffeur, puis s’arrête à son niveau, attendant de voir la vitre se baisser. « Gendarmerie nationale. Plus de cent vingt kilomètres à l’heure en pleine agglomération, bravo ! Vous comptiez aller loin comme ça ? Allez, donnez-moi les papiers du véhicule ! » Les mains gantées serrant le volant et les yeux masqués par de larges lunettes noires, le pilote dit d’un ton monocorde et sans le regarder « prenez les vous-même, ils sont dans la boîte à gants, mais faites attention, il y a un flingue chargé. » Le gendarme recule d’un pas et dit en posant la main sur la crosse de son Beretta, « Ok! Ouvrez le coffre, descendez du véhicule lentement et mettez vos mains en l’air ! » L’homme ne bouge pas d’un iota et dit “allez-y vous-même, le coffre est ouvert ! Mais attention, il y a un cadavre roulé dans une couverture. «  Le gendarme sort son arme et la pointe vers l’individu tout en reculant vers son Kangoo,  « ne bougez pas ! Restez comme ça ne bougez pas ». Il passe sa main libre à travers la fenêtre, saisit le micro de sa radio et appelle son supérieur, « chef, j’ai besoin de renfort, vite ! Je tiens un criminel qui a un flingue dans sa boîte à gants et un cadavre dans son coffre ! Ok je vous attends chef, faites vite. »

“Il y avait un mort dans la malle”

Quelques minutes plus tard, le chef Refeuille arrive en trombe sirène hurlante.  Il s’approche de la voiture, regarde l’homme qui lui sourit, fait le tour, ouvre la portière passager, ouvre la boîte à gants et dit, « mais il n’y a rien là-dedans! ». L’homme répond, « mais que voulez-vous qu’il y ait, à part les papiers ? » Le chef  Refeuille s’en saisit et dit  « très bien, descendez du véhicule et ouvrez le coffre ! ». Tenu en joue au lointain par le gendarme Riffe, il descend et soulève le capot du coffre avec délicatesse. Le chef regarde, « Mais il n’y a personne là-dedans ! ». L’homme, « qui vouliez-vous qu’il y ait, je ne comprends pas ? ». Le gradé surpris  « mais le gendarme Riffe m’a dit que vous aviez   un revolver chargé  et qu’il y avait un mort dans la malle, expliquez-moi ! ». Dos au canon pointé de l’adjudant-chef  Riffe, le pilote dit à voix basse, « vous savez, il ne faut pas l’écouter, depuis tout à l’heure, il dit n’importe quoi,  si cela continue, il va vous dire que je roulais à plus de 120km à l’heure en plein centre-ville… Ecoutez, sans vouloir vous offenser je crois qu’il a forcé sur la bouteille ! Mais ce n’est pas grave, cela nous arrive à tous, à part que vous, vous ne vous faites pas arrêter, ha ha ! Bon je peux y aller maintenant ?»

 


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