Nicolas Lafforgue
Nicolas
Lafforgue
Ma semaine précaire

« Le froid… Et dehors ? On meurt en silence»

Cette semaine j’ai envie de parler de deux trucs. Tout d’abord clarifier un point. Pourquoi l’utilisation de « l’insécurité » à des fins électoralistes me fout mal au bide ? Peut-être tout simplement parce que l’insécurité est un sentiment. D’ailleurs le « sentiment d’insécurité » ne veut rien dire. De fait. Je préfère parler de criminalité. Là on peut parler. Et pas de faits divers, et plus c’est morbide mieux c’est. Non. On peut parler de situations, d’hommes et de femmes qui ont franchi la limite de l’acceptable. Voire de l’indicible. On peut parler de justice, de police, de prison, de délinquance. De solutions. On peut en parler. La criminalité est un sujet, pas un sentiment. La criminalité est quantifiable, pas le « sentiment d’insécurité ». Ce mot « insécurité », les politiques ont commencé à l’employer dès la fin des années 70 abandonnant jusqu’à aujourd’hui la notion de « criminalité ». Depuis cet abandon, le FN ne cesse de croître, jouant sur les peurs, sur les « sentiments ». Les sentiments sont dangereux, à part bien sûr en poésie. Et j’aime trop la poésie pour la traîner dans les coins sombres du populisme. Le deuxième truc qui me donne envie d’écrire cette semaine, c’est le froid. Le froid arrive alors on monte le chauffage, on ferme les volets, on sort les bonnets en évitant le rouge. Et dehors ? On meurt en silence. Quelle politique aujourd’hui pour aider ceux qui crèvent de froid dans la rue ? Pour les mal-logés ? Pour les travailleurs pauvres qui se retrouvent à dormir dans leur voiture ? Des amendes pour ceux qui fouillent les poubelles des grands magasins à la recherche d’une immondice à manger ? Des squats expulsés ? Aujourd’hui des femmes et des hommes meurent de froid et de faim dans la rue quand des milliers de mètres carrés inoccupés sont interdits au nom de la propriété. Combien de mètres carrés inoccupés appartiennent à la mairie de Toulouse ? Fermés à double tour. Heureusement certains ont plus de courage que moi et travaillent pour offrir des solutions aux précaires. Heureusement certains ont plus de courage que moi et luttent. Le samedi 7 décembre un concert sera organisé à la Dernière Chance, place Arnaud Bernard en soutien au CREA (Campagne de Réquisition d’Entraide et d’Autogestion).

 

Nicolas Lafforgue (chanteur du groupe « Bruit qui court »)

Découvrez son blog : petitjournaldunmecdegauche.over-blog.com


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