Brice Christen
Brice
Christen
Le cynisme aggravé

Le festival des grèves

 

L’année se termine comme elle avait commencé : mal. Le mois de décembre est censé rimer avec fête, joie et cholestérol, mais l’actualité ne nous laisse guère les moyens de nous réjouir. À Toulouse, les premiers résultats de l’action municipale se font sentir : le dernier week-end avant noël est logiquement celui des achats de dernière minute et du rush favorable aux petits commerces, mais manque de chance le métro faisait grève. C’était bien la peine de repousser ses limites jusqu’à 3 heures si c’est pour le fermer la veille à 21 heures. Mais on a de bien jolies décorations, et ça nous fait une belle jambe. Fort heureusement pour ce dernier week-end, aucune manifestation n’était prévue dans le centre-ville : le manifestant est moins motivé quand il fait froid. Et puis, c’est bien beau de crier contre l’austérité, le chômage, la pluie qui tombe et les abeilles tueuses, mais c’est qu’il faut aussi acheter les cadeaux pour noël ; ou comment s’indigner contre le capitalisme le samedi pour le flatter le dimanche. Si le manifestant est frileux, en revanche le gréviste n’a pas froid aux yeux.

 

« François Hollande, expert en malchance et en pluie »

 

Après la traditionnelle grève de la SNCF (pléonasme) pendant les fêtes, des avocats, des chauffeurs de taxis, des médecins, des enseignants, des agriculteurs, des contrôleurs RATP, des infirmiers, de Tisséo, des chauffeurs de bus, c’est désormais au tour des urgentistes de se mettre en congé. Si vous êtes malade, désolé, votre médecin est en vacances. Si vous tombez sur une plaque de verglas et que votre tibia est à vif, merci de souffrir en silence et de vous rendre aux urgences en serrant les dents. Et si vous êtes malade et en plus tombez sur une plaque de verglas devant Tisséo dans le métro Jean Jaurès, c’est que vraiment vous êtes un chat noir, merci de contacter directement François Hollande, expert en malchance et en pluie.

À terme, il devient complexe de trouver un corps de métier qui ne soit pas en grève. Le gouvernement réfléchit d’ailleurs à créer un nouvel emploi d’avenir : gréviste, qui permettrait de créer d’un coup de nombreux postes et ainsi relancer la croissance et anéantir le chômage. Il ne serait même pas surprenant que, pour gagner en popularité et suivre la mouvance du temps, nos hommes politiques se mettent en grève ; une méthode en cours d’expérimentation depuis trente-sept ans au Sénat, beaucoup plus réputé pour sa cantine et son ratio bâillement/minute que pour son rythme de travail effréné.  Conseil judicieux : pour noël, éteignez votre télé, oubliez l’actualité morose ainsi que les bêtisiers de noël recyclés depuis vingt ans : mangez, buvez, et profitez de la vie et de votre famille (sauf si vous êtes Xavier Dupont de Ligonès). Pour le nouvel an : buvez et souhaitez bonne année à votre voisin moche que vous ne connaissez même pas. Cette soirée sera probablement confuse et floue, mais la bonne nouvelle c’est qu’elle clôturera 2014.

 

 

 

 


UN COMMENTAIRE SUR Le festival des grèves

  1. Nico dit :

    Cette chronique est tellement vide….

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