Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Alors que la politique de voisinage de l’Union Européenne est mise à l’épreuve avec l’échec du sommet de Vilnius illustrant ainsi les contradictions de l’Europe sur l’élargissement et sur ses frontières, la panne du site Internet Healthcare.gov menace la réforme de la santé de M Obama perdant ainsi la popularité engrangée lors de la confrontation avec les républicains au moment du « shutdown » ; alors que Pékin joue le durcissement et envoie des avions de chasse en Mer de Chine, l’opinion publique chinoise exige de son gouvernement qu’il assume ses choix avec plus de fermeté ; alors que le Président Hollande peut se réjouir de la paix des marchés, lui qui lançait le slogan « matamore » au Bourget pendant la campagne « mon adversaire c’est le monde de la finance », Jean-Marc Ayrault, le « Chaban-Delmas » de Hollande, semble écouter le vibrionnant Sénateur écologiste Placé quand ce dernier lui lance – selon Le Point – « Jean-Marc le 25 Mai (jour du scrutin européen) tu es mort ; d’ici là tu es intouchable, alors, profites-en, qu’est-ce que tu attends ; reprends la main et déclenche tes réformes : remise à plat de la fiscalité, réforme des collectivités locales avec suppression du département, réforme de l’État en rapprochant les administrations centrales des grandes villes. » Faut-il pour autant attacher une telle influence à ce sénateur qui se révéla tacticien en diable et qui rêve d’un portefeuille ministériel ou faut-il y voir plutôt la contre-offensive du Premier ministre qui, à défaut d’être le bouclier du Président, s’impose ou veut s’imposer comme un « politique d’autorité » ? Croit-il vraiment lui-même à une remise à plat du système fiscal ou en fait-il un cheval de Troie pour rentrer en Hollandie ; veut-il tenter de faire sortir le Président, son « ami » de son silence mitterrandien voire marmoréen qui n’est pas devenu Chef de l’État par hasard et que ses onze années comme premier secrétaire du PS ont caparaçonné face aux manœuvres de toutes sortes venant de « l’ennemi » mais encore plus de « l’ami » ? Le Chef de l’État sait que Noël approche et avec les fêtes, la « trêve  des confiseurs ». Une fois de plus – surtout si la courbe du chômage s’inverse, ce qui semblerait être le cas mais les annonces diffèrent – la stratégie du « dos rond », de la petite phrase et du silence au cœur ardent de l’agitation médiatique semblent servir le Président qui répond à ce constat de l’ingénieux J.C. Cambadélis qui, citant Arthur Schnitzler, raconte : « Il y a trois sortes d’hommes politiques : ceux qui troublent l’eau ; ceux qui pêchent en eau trouble et ceux, plus doués, qui troublent l’eau pour pêcher en eau trouble »… « Hollande appartient à cette dernière ». Effervescence de la classe politique à gauche, mais aussi sur le terrain anti-mondialiste, anti-libéral, anti-européen avec J.P. Chevènement, Marine Le Pen, Eric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan, Henry Guains, Jacques Sapir, Régis Debray, Patrick Buisson, autant de figures que Le Point range sous le titre de « Neocons », « nouveaux conservateurs à la française qui veulent triompher l’idéologie du repli et l’hostilité à l’euro. »

 

 Stéphane Baumont


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