Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Le destin de Hollande

Oui, décidément, « plus ça va, moins ça va » pour le Président Hollande. L’impopularité atteint des records qui font passer de la défiance à une forme absolue de crise de confiance. Cette dernière touche à la fois la société civile et la classe politique dans un pays habitué à « l’homme providentiel », au recours, au mythe du rapport assuré par le Peuple d’une révolution voire d’une insurrection. Il peut ainsi tenter, conformément à l’Histoire, de restructurer à sa manière un pays déstructuré par l’absence d’autorité (auctoritas) et de pouvoir (potestas) que l’inconscient collectif réclame ou suppose chez celui qui, légalement élu, pourrait devenir illégitime ! Les institutions le protègent… pour combien de temps ? Quant à la Constitution, il y a l’esprit (gaullien dans son invention et sa pratique) et la lettre (qui ne vaut rien sans l’esprit). Cette Constitution qui vient d’avoir 55 ans (anniversaire que le Président Hollande a commémoré en saluant la… IV° République) propose plusieurs scénarii quand le pays est en crise, en panne, révolté après les couacs et les polémiques à répétition, l’action du gouvernement semble paralysée ; quand l’impasse est là, le Politique étant au bord de la thrombose : la dissolution de l’Assemblée Nationale (elle entraînerait une cohabitation), le changement de Premier ministre (avec comme successeur d’Ayrault, Sapin, Valls ou Martine Aubry, entraînant une autre forme de cohabitation au sein des socialistes), un remaniement ministériel d’envergure donnant une nouvelle configuration à l’écume des vagues de la « real politik ». Mais le Hollandisme aime la IV° République ou la V°, version Michel Debré de parlementarisme nationalisé : dès lors, adossé à une Constitution qu’il ne porte pas dans son cœur, F. Hollande pratiquera (une fois de plus) la « stratégie du dos rond » (« on calme, on stabilise et on la boucle ») ou tentera de changer de terrain (plutôt celui des valeurs républicaines que celui de l’emploi, du fiscal et du budget). Mais le discours du « Vivre ensemble » et de « l’unité de la nation » est-il la « musique » que souhaitent entendre des Français excédés, au bord de la violence, près de « l’insurrection qui vient » comme l’écrivait « le Comité invisible » il y a déjà plusieurs années. Comment F. Hollande peut-il quitter son côté « Président Zigzag », comment peut-il convaincre l’opinion que sa politique est « juste », comment peut-il à nouveau « rassembler et réconcilier » ? La colère couve chez les patrons, les ouvriers, les jeunes, les Bretons. Comment F. Hollande peut-il endosser l’habit du Chef de l’État gaullien et même mitterrandien, lui si conscient qu’il préside, selon ses propre mots, « une société à fleur de peau qui peut s’embraser à la moindre étincelle ». Voilà venu le temps des décisions pour éviter la crise de régime en éteignant les incendies avant qu’ils ne deviennent impossibles à circonscrire. Un élu socialiste résume la situation : « Il faut mettre un taulier à Matignon, un Bartolone, un Fabius ou une Aubry, Ayrault est carbonisé. » Pour apaiser et reconstruire, c’est peut-être une des solutions…

 

 

Stéphane Baumont


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