Marc Sztulman
Marc
Sztulman
Un Toulousain concerné

Le défi du prochain maire

Tout le monde en parlant, je me dois à mon tour d’écrire au sujet du dernier rapport sur l’intégration « présenté » sur le site du Premier ministre. Il n’aura pas fallu deux jours pour que toute la classe politique s’en  empare ! Les uns le jugent dangereux pour la République, les autres ne le considèrent, peut-être par confort, que comme ce qu’il est : un rapport et non du droit. Mais soyons honnête : un rapport sur l’intégration qui prône la suppression du mot intégration, peut prêter à sourire ou nous permettre de réfléchir sur ce que signifie “intégrer”. Néanmoins, je ne dérogerai pas à la règle, ici : contourner l’épineux sens des mots pour s’attacher à ce que recommande ce rapport et même à ce qu’il ne recommande pas. Si les réponses de ce rapport sont désormais connues et parfois étranges (une Cour des comptes de l’égalité), la question qu’il pose mérite peut-être d’autres solutions à d’autres niveaux. L’intégration par la loi, si elle est nécessaire, n’est aujourd’hui  guère suffisante. C’est le quotidien qui crée de l’intégration : la loi – aussi « intégrative » soit-elle – ne peut rien contre une barre d’immeubles ou un quartier enclavé. Dans cette perspective, la politique de la ville, le maillage territorial des services publics, l’offre en matière de transports et la gestion de la mixité sociale favorisent ou au contraire empêchent l’intégration. Si la loi fixe le cadre, c’est l’utilisation des compétences municipales qui crée le tableau. Sans une politique volontariste et créative, insufflée par le premier édile, les réponses à la question de l’intégration restent théoriques et fragmentaires. Théoriques, car très éloignées des préoccupations quotidiennes (la fameuse Cour des comptes de l’égalité), fragmentaires car limitées à certains domaines (l’école, le fonctionnement des services publics). Et c’est précisément là que se trouve le défi du prochain Maire, car s’il est possible de gouverner de loin, on ne peut administrer que de près. C’est la commune, eu égard à ses compétences, qui est l’échelon le plus à même de favoriser et d’encourager le respect des valeurs républicaines. Ainsi, et ce sera son principal défi, il appartiendra au prochain maire de la ville rose de dessiner la ville afin de favoriser l’intégration et je ne peux qu’émettre le souhait que ce dernier ne soit ni cubiste, ni surréaliste…

Journaliste politique de Radio Kol Aviv (101 fm)

@msztulman


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