Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Le « come-back » de Sarko

Il y a d’abord, dans une actualité fournie, un certain nombre de faits qui constituent l’espalier sur lequel les médias font grimper la treille de l’actualité immédiate : la croissance d’abord, avec l’Europe laissée sur place par le décollage américain (4,6%), conduisant à une stagnation au moment où elle souffre du surendettement des États et d’un chômage massif, et à la chute des cours du pétrole qui ne fait pas que des heureux. Contexte choisi par le Pape pour en appeler au sursaut d’une « Europe vieillie » et à construire l’Europe autour de « la sacralité de la personne humaine », tout en appelant de ses vœux en Turquie, à un dialogue inter religieux . Et François de questionner : « À l’Europe nous pouvons demander : où est ton esprit d’entreprise et de curiosité ? ». Au Pape d’en appeler chacun à sortir des « structures qui contiennent sa propre identité afin de dialoguer ». Ainsi,  en se construisant comme communauté d’États, l’Europe se serait déconstruite comme communauté d’humains. La parole et les discours du Pape semblent être des réactions fortes et des prises de position face au développement des intégrismes et du fondamentalisme religieux, contribuant ainsi aux portes de la Syrie et de l’Irak à la volonté de constitution d’une coalition contre le fanatisme.

 

« La surprise Le Maire »

 

Voilà l’espalier économique et religieux sur lequel vient s’inscrire, avec l’inquiétude des maires de France et le quarantième anniversaire de la loi Veil – commémorée à l’Assemblée Nationale – la treille très médiatisée de l’élection du président de l’UMP : Nicolas Sarkozy a été élu avec 64,5% des voix, Bruno Le Maire réalise 29,8% des voix et Hervé Mariton 6,3%. Quelles sont les leçons à tirer de ce scrutin ? 1) Misant sur le rassemblement derrière son nom l’ancien président, « le revenant » visait un plébiscite comme en 2007 (il fait 20 points de moins). Il n’en a pas moins réussi son retour et devient le premier ancien président de la République de l’Histoire à devenir après son mandat, « chef de parti »  2) Sarkozy a emporté sans suspense cette présidence mais aura échoué à montrer un nouveau visage : « Sarkozy a été rattrapé par Sarko ! » et n’a pu faire, pour le moment, la démonstration de « rassembleur » et de réconciliateur d’un parti miné par les guerres intestines  3) il met fin à sa troisième « traversée du désert »(1995-1997, 1999-2001, 2012-2014) et s’inscrit comme opposant institutionnel face au président Hollande 4) il va désormais falloir compter avec la surprise du scrutin, Bruno Le Maire, voulant ouvrir « les assises du Renouveau » afin d’établir un « socle programmatique pour la Présidentielle. » La cohabitation ou plutôt la « coexistence » pacifique commence entre Sarkozy et l’équation Le Maire + Fillon + Juppé : un cartel des « rénovateurs » face au nouveau président ? 5) Le véritable « challenge » pour N. Sarkozy est désormais de mener deux campagnes de front : celle de la primaire à droite en 2016 (mais sera-t-elle ouverte ?) et celle des Présidentielles de 2017 où F. Hollande redevenu « l’ennemi », l’adversaire de « Sarko », retrouvera peut-être sa force de candidat pour tenter sa réélection.

 

 

 

 


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