Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Le climat au cœur d’une tempête

Il est souvent question de climat pour évaluer une situation préélectorale, pour donner l’illusion d’une maîtrise de la géopolitique comme de la politique. Cette question surgit autrement en cette fin 2015 puisque, avec la fameuse COP21, c’est la première fois que le climat est au cœur de l’autre climat (politique, économique et social), au point d’être un nouveau marqueur dans le corps politique sans la présence ardente des écologistes. A un mois de la Conférence mondiale, l’ONU prévient que les engagements des Etats contre le réchauffement sont insuffisants : la hausse des températures pourrait atteindre 2,7° voir 3 selon les ONG, donc très loin d’un objectif de limitation et d’un accord à 2°. A noter que l’engagement de l’ONU porte sur la participation de 146 des 195 pays membres de la Convention sur le climat et couvre 86% des émissions de gaz à effet de serre. Il pourrait être ainsi indispensable de réviser à la hausse l’engagement des Etats dès 2016 ou 2017. Le compte n’y est donc pas à un mois de l’ouverture de la COP21 alors qu’on annonce 80 chefs d’Etat. Dès lors, le spectre d’un échec comme à Copenhague sera-t-il un aiguillon suffisamment puissant pour pousser les gouvernements à un sursaut ? F. Hollande peut-il encaisser, politiquement, un éventuel échec de la COP21 ?

« Mais le président sait que « le malin se tait » »

Le président français tient d’autant plus à ce succès qu’il se sent désormais le vent en poupe grâce à trois bonnes nouvelles : 1/ Le chômage a reculé de 0,7% en septembre, soit la plus forte baisse depuis la fin de 2007. 2/ La France cesse de perdre en compétitivité, les entreprises vont mieux, leur taux de marge ne se dégrade plus. 3/ L’attractivité de la France progresse selon le rapport “Doing business” de la Banque Mondiale qui fait remonter la France de la 38e à la 27e place en deux ans. Et le président Hollande peut s’en attribuer une part de paternité : effet positif du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi allégeant les charges des entreprises. Mais le président sait que « le malin se tait ». Surtout à la veille de Régionales difficiles pour le gouvernement et le PS, où la colère des Français peut conduire à un populisme FN et renvoyer les politiques traditionnels à leur impuissance. Même si Valls et Macron poussent le président à un social-réformisme flamboyant, Hollande garde la capitalisation de ses succès pour tenter de ne pas perdre à sa gauche des voix indispensables au premier comme au second tour. Mieux que quiconque il applique le point de vue de Tocqueville « La politique est le sens du moment opportun ».

 


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