Patrick Aubin
Patrick
Aubin
Le contrepoint libéral

Le bio à toutes les sauces…

« Il serait souhaitable que la mairie de Toulouse prenne une mesure forte et mène une action décisive pour la sécurité et la qualité alimentaires. » Ainsi est introduite une pétition qui veut mettre 80% d’aliments bios et d’origine locale dans l’assiette des enfants au sein des cantines scolaires. 80% ? Et pourquoi pas 100% ? Surement la sempiternelle règle des 80/20 !

Heureusement, on échappe au « il faut que » remplacé par l’euphémisme « il serait souhaitable que ». Mais l’orientation est là. Sans oublier les mots-clés « sécurité » et « qualité » qui font industriel et pas bricoleur. Présentée sous cette forme, pourquoi ne pas signer ? C’est pour les minots, non ?

S’imaginer que les politiciens prendraient des « mesures fortes et des actions décisives » est la raison principale pour laquelle l’économie sombre en France. Et oui, pour éviter toute comparaison possible, l’idée est de s’enfoncer dans l’utopique bonheur collectif avec la mafia politicienne au lieu de laisser faire la société et les individus. Remarquez qu’il n’est ainsi jamais évoqué à ce stade, qui paye. Si le centralisme politique a plus que démontré son utopie, les illusions ont la vie dure. En se tournant vers le politicien, on lui dit inconsciemment : « vous avez le pouvoir de voler plus d’argent aux autres pour pouvoir m’offrir ce que je ne veux pas payer ou ce que je ne suis pas en mesure de payer ».

 « Se retrancher derrière l’irresponsabilité collective »

Car dans le prix de la cantine scolaire, il y a certes la « part parentale », mais aussi la « part municipale » (CQFD : les impôts). La première étant toujours trop chère, mieux vaut que la seconde soit la plus élevée possible, non ? Et si la pétition précisait : « il serait souhaitable d’augmenter la part parentale pour avoir du bio pour nos enfants », combien seraient-ils pour signer cette pétition ? Ne doutons pas qu’il y a des purs et durs du bio, qui en mangent chez eux et qui sont prêts à payer plus. Plus grand bien leur fasse. Mais est-ce pour cela que les repas actuels vont à l’encontre de la sécurité ou de la qualité alimentaire ? Le bio n’est pas exempt de scandale sanitaire.

Une fois de plus, pourquoi l’État (ou une collectivité locale) serait-il plus omniscient que les parents pour décider de ce que leurs enfants doivent manger ? Évidemment, se retrancher derrière l’irresponsabilité collective en pensant que la démocratie et la fiscalité vont solutionner le problème est plus aisé que de faire appel à sa responsabilité individuelle. Mais là encore, l’économie rappelle les uns comme les autres à la réalité !

 


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