David Saforcada
David
Saforcada
bonapartiste

L’Appel au Peuple

La Grèce a décidé de jouer à fond la carte de la démocratie en organisant un référendum sur la politique à mener. L’on ne peut que la féliciter et s’offusquer, pour ne pas dire autre chose, de la réaction de l’Eurogroup et de l’oligarchie européenne en général.

En France, l’on n’a jamais autant parlé de l’appel au peuple que ces derniers jours et cela ne peut que réjouir le bonapartiste que je suis tant cet appel au peuple fut, et est, l’axe du combat bonapartiste après 1870. Les réactions d’une grande partie de la classe politique Française ne m’étonnent pas tant les élites ont toujours eu du mal avec le référendum surtout si son résultat leur est contraire. Il n’y a qu’à lire Dominique Reynié, tête de liste “les Républicains” pour les régionales, qui nous explique que « donner la parole au peuple est un signe de faiblesse » pour avoir une petite idée de l’ambiguïté entretenue depuis toujours entre une certaine “élite” et le peuple.

Cela a souvent été le cas dans notre histoire récente.

Le 28 juin dernier c’était le 200e anniversaire du retour de Louis XVIII sur le trône. Retour non pas voulu par le peuple Français mais uniquement par les “alliés” de l’époque et leurs zélés serviteurs de l’intérieur. Le 1er juin 1815 les Français s’étaient prononcés sur l’Acte additionnel et avaient acté de fait le retour de Napoléon, un peu moins d’un mois après l’on foulait du pied leur vote …

Le 4 septembre 1870 une poignée d’agitateurs, qui deviendront quelques mois plus tard les responsables de la perte de l’Alsace-Moselle, renversent le Second Empire et instaurent un nouveau régime sans consulter une seule fois le peuple Français. Le 8 mai 1870 plus de 70% des Français ont dit OUI à Napoléon III, cinq mois plus tard leur vote ne comptait plus…

Le 8 février 2008, le Traité de Lisbonne était ratifié dans notre pays par voix parlementaire après le “putsch” du 4 février de la même année. Oui un putsch du Congrès, rassemblé à la demande de Nicolas Sarkozy, qui a modifier la Constitution afin d’enterrer le vote des Français sur la Constitution Européenne. En 2005 les Français avaient dit NON à plus de 55% à la « constitution Giscard » prenant le contre pied de la majorité des élites politiques et médiatiques, trois ans plus tard l’on lui faisait payer…

Voilà trois exemples qui prouvent que pour certains le référendum n’est bon que s’il va dans leur sens, en effet il n’y a plus de de Gaulle capable d’accepter le choix du peuple quel qu’il soit et d’en tirer les conclusions qui s’imposent. Chirac n’a pas démissionné en 2005, pas plus d’ailleurs que Sarkozy après le camouflet Corse de 2003. Nos politiques agitent souvent le référendum dans leurs promesses de campagne mais ils n’en n’ont que faire une fois au pouvoir car ils savent qu’ils pourront s’assoir sur tout résultat défavorable. Ils n’en n’ont que faire car aujourd’hui ils n’ont pas à écouter le peuple mais juste à obéir à leurs maitres de l’oligarchie en place.

Il ne suffit pas de se déguiser en républicain pour être démocrate. La IIIème République et nos Politiques actuels depuis 1969 en sont les meilleurs exemples. Revenez Napoléon, Louis-Napoléon, de Gaulle, revenez donner à tous des leçons de démocratie vraie !


UN COMMENTAIRE SUR L’Appel au Peuple

  1. Patrick AUBIN dit :

    Toujours marrant de voir des personnes s’imaginer que le peuple est un et indivisible. Comme s’il sortait du peuple une voix unique et que cette entité “peuple” n’avait qu’une réponse à formuler.

    La manipulation des foules et surtout des naïfs qui s’imaginent que l’on peut confier la somme des pouvoirs individuels à quelques gouvernants ayant une intelligence supérieure à travers un vote dit “majoritaire” est devenue le lieu commun de la politique où la médiocrité côtoie l’absurde.

    Le résultat c’est que nous ne sommes plus en démocratie mais dans une oligarchie élue et où le peuple est plongé dans une guerre électorale permanente. Ce peuple saura-t-il trouver la sagesse de sortir de cette guerre idéologique ? Rien n’est moins sûr tant que la faillite n’aura pas fait prendre conscience que ce système n’avait aucune chance de durer…

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