Nicolas Lafforgue
Nicolas
Lafforgue
Ma semaine précaire

« L’altermondialisme. Fourre-tout idéologique »

L’altermondialisme. J’ai toujours eu du mal. Même quand j’avais 19 piges et que je partais au Larzac pour soutenir José Bové. Je trouvais qu’on était sur une jambe. Pas franchement à l’aise avec le mot. « Altermondialisme ». Ça veut dire quoi ? Le combat pour un autre monde. C’est beau. Mais ça ne veut rien dire. Un type m’a relancé là-dessus cette semaine. Il fait de la promo pour Dieudonné sur les réseaux sociaux. Je suis allé lui expliquer qu’il me dégoûtait franchement et que ses idées n’étaient ni plus ni moins qu’un appel à la haine qui offusquerait presque le plus abruti militant FN. Il m’a répondu que ma réaction le surprenait, qu’il pensait que j’étais bien plus intelligent que ça et que Dieudonné est un révolutionnaire. Une fois ma quinte de toux passée devant cette mise en abîme de la notion de Révolution, il m’achève en me disant que la fameuse « quenelle » est « altermondialiste ». Altermondialiste… Nous y voilà. Le fourre-tout idéologique. Je reste persuadé que la notion d’altermondialisme est le résultat de l’échec des idées de gauche. Les altermondialistes se définissent comme tels parce qu’ils ne se reconnaissent absolument plus dans les partis de gauche et les organisations de gauche. Alors ils deviennent altermondialistes… Par défaut. Dans un de mes derniers morceaux, je dis « J’ai la prétention de ceux qui ont su avant moi. » Je suis antifasciste, socialiste libertaire. Voilà. Je n’ai rien inventé. Mais j’assume d’être de ceux qui poursuivent au lieu de suivre. Alors oui je sais, c’est plus dur à assumer que de se dire « altermondialiste ». Il faut avoir lu, écouté, réfléchi et être sûr de trouver dans son cheminement politique personnel des contradicteurs et des contradictions. Aujourd’hui dans le grand pédiluve altermondialiste que je refuse, je vois s’ébrouer Dieudonné, Soral et bientôt Le Pen. Dans ce grand pédiluve, je vois les bonnets rouges et le bloc identitaire. Je vois toute cette bouillie idéologique qui me révulse… Je n’y trouve plus personne qui me parle d’un autre monde.

Nicolas Lafforgue (chanteur du groupe « Bruit qui court »)

Découvrez son blog : petitjournaldunmecdegauche.over-blog.com

 


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