Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

L’Allemagne aurait-elle la mémoire courte ?

Et si nous étions rentrés dans l’Europe de Sisyphe avec une Grèce et son Premier ministre portant son lourd fardeau de dettes tout en étant ramené à la réalité de l’économie par ses “euro-compagnons” ; Et si nous suivions les caricaturistes commentant les derniers jours de la tragédie de Sisyphe-Tsipras hissant au dernier sommet européen son gros rocher de “Oxi” (non) au référendum avec plus de 60% des voix avant de chuter ; et si nous méditions sur une tactique qui change même si la stratégie reste apparemment continue en remarquant que le Premier ministre grec s’est résigné à accepter un plan plus dur que celui qui avait été rejeté par le peuple grec en se heurtant au “Sphynx-Merkel” qui lui disait toujours “non”, “nein”, “oxi”.

Finalement, Tsipras a dû capituler pour éviter le “Grexit” (sémantique pour qualifier l’éventuelle sortie de l’Europe) accepter l’omniprésence de la “troïka” rebaptisée “les institutions” (FMI, Commission européenne, BCE). Exemple de la puissance institutionnelle et politique de cette “République des experts” ressemblant à un “proconsulat” de contrôle bouleversant l’éventuelle liberté d’une politique intérieure et extérieure légitimée par deux fois par le peuple grec : au pays d’Aristote et Platon, le bas blesse ! En évitant le “Grexit”, l’Europe a évité son démantèlement sans en sortir grandie au moment où elle a un besoin impératif de s’affirmer face aux nouvelles menaces apparues dans le paysage géopolitique avec le conflit en Ukraine et la menace djihadiste.

« L’Allemagne n’a ni bon sens économique ni compassion. (Joseph Stiglitz) »

Mais si la situation grecque est soutenue par d’éminents économistes dont le Prix Nobel, Joseph Stiglitz pour qui « l’Allemagne n’a ni bon sens économique ni compassion », n’hésitant pas à rappeler que le pays « ne doit son rétablissement économique qu’à la plus grande annulation de dette jamais vue en 1953. Et devrait avoir appris depuis le Traité de Versailles de 1919 les conséquences de dettes insurmontables ». Le temps est plus que jamais venu de réagir pour l’Europe, rendue plus fragile non seulement par les menaces mais aussi par la migration et les migrants, les influences de la Russie et de la Chine. Il est donc, dixit Stiglitz, dans l’intérêt de l’Europe de « changer de braquet sur la Grèce, qu’il faut davantage d’aide et moins de conditions drastiques », et de ne pas oublier qu’il s’agit en l’espèce non d’un “sauvetage des banques” mais d’un sauvetage de la Grèce.

Une certitude : Angela Merkel ne veut pas être celle qui cassera ce que ses pères en politique ont fait : elle ne veut pas conforter son entrée dans l’Histoire en étant celle qui a cassé l’Europe !


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