Thomas Simonian
Thomas
Simonian

Laissez parler les petits tickets

Ils sont partout. Au fond du sac, ils s’amoncellent, formant souvent des petits tas dans les creux du tissu. Fins mais sournois, ils s’insinuent dans le porte-monnaie. Et sans qu’attention n’y soit prêtée, ils gonflent le cuir de notre étui à billets, bloquant parfois sa fermeture. Lorsqu’on tombe dessus, les réactions sont nombreuses. Les maniaques s’exaspèrent. Trop, c’est trop ! Il est temps de s’en débarrasser, de faire un tri de ce fouillis. Les nostalgiques rêvent un peu. Ils rêvent du moment vécu, du film choisi, des émotions ressenties. Ils repensent au jour où ils ont emmené leur compagnon, leur amie, leur parent. Ils se délectent du pop-corn qui a sucré leur palais le temps de quelques heures. Ils ferment les yeux, et s’y voient encore.

Car ce bout de papier n’est pas qu’un résidu d’arbre coupé. Il est le point de départ d’une histoire, d’une passion, d’une larme ou même d’un fou rire. Il est celui qui, lors d’un dimanche pluvieux, a égayé une fin de semaine morose. Celui qui a offert un morceau d’évasion, un aparté dans un quotidien frénétique. Le numéro d’une salle de cinéma. Le titre d’un film. Le prix d’une place. Un morceau déchiré par l’ouvreur à l’entrée. Un ticket de ciné, c’est tout à la fois. Et beaucoup plus.

 

Ariane Riou


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