Philippe Bapt
Philippe
Bapt
Quelque part au fond à gauche...

Laïcité mon amour, les fachoses habitudes d’élus 

Hier était l’anniversaire de l’adoption de la loi de laïcité de 1905. Oui, celle qui consacre la séparation du religieux et de l’État. En outre, la loi garantit à chacun le droit de croire ou ne pas croire, la liberté absolue de conscience moyennant des règles de vie commune. L’esprit républicain promouvait ce que de nos jours on nomme le “vivre ensemble”. Cette loi protectrice pour tous est dévoyée. Pourquoi ? Car beaucoup de nos élus locaux tentent de la contourner et certaines mouvances l’instrumentalisent, pervertissant ainsi son objet originel pour exclure ou soumettre à “des conditions de vie” certains citoyens de notre pays.

Bref, plus que jamais il est important de tenir haut l’étendard de la laïcité en France.

Et je dénonce ici et là, des élus locaux de droite comme de gauche, qui par clientélisme local outrepassent la loi de 1905 pour mieux gérer les… communautés. Ces élus soi-disant républicains qui dévoient et l’une des lois de la République et l’emploi de l’argent public, font justement le jeu du rejet constaté des “politiques”. Comment cela se traduit-il ? Par un vote protestataire, d’irritation, bref de rejet. Le marketing politique friand de segmentation des cibles ne doit pas prendre le pas sur cette loi d’intérêt général.

La transition est toute trouvée pour parler du premier tour des régionales. Le score élevé du FN sur la région LRMP surprend à ce que je lis. Moi qui aie façonné jeune ma modeste pensée politique autour de deux axes l’un caritatif ouvert sur les autres, l’autre autour des chansons des Béruriers Noirs “salut à toi” et “porcherie”, j’ai peine à voir le FN se rapprocher fachosement du pouvoir 27 ans après. Mais outre les grands slogans, les grandes imprécations “voter FN c’est nul”, “le FN c’est le pire” de nos chers représentants politiques, pourquoi ne pas se poser les bonnes questions ? Comment un parti qui ne fait pas campagne sur le terrain engrange-t-il des résultats même lorsque le candidat est grabataire et ne savait même pas qu’il était candidat (cantonales 2011) ? Est-ce une adhésion ? Un rejet du “nous avons reçu le message” ? Est-ce le sentiment, doublé de faits d’actualité, que des élus nationaux ne sont pas à leur place : Cahuzac ne dort pas en prison, Balkany ou Dassault non plus !

 « Cahuzac ne dort pas en prison, Balkany ou Dassault non plus ! »

Eh oui, être élu n’est pas un dû, mais un sacerdoce. Être représentant local ou national de la République n’est pas une carrière professionnelle. Être élu nécessite exemplarité et service public. Si l’on rajoute à cela que par carrière professionnelle s’entend une longévité à toute épreuve… alors vous obtenez là le cocktail de base de l’électorat FN. À cela, il faut rajouter quelques ingrédients : vouloir combattre les idées du FN n’est quasiment plus crédible de la part des dirigeants politiques classiques. Pourquoi ? Par la distance usuelle, entre leurs déclarations et leurs réalisations. Prenons l’exemple du mandat unique… toujours pas mis en activité ; que ressent une partie de la population ? “Ils se protègent entre eux”. Pour continuer, il est clair que le manque de leadership est prégnant. Sur l’échiquier politique actuel, lequel des trois partis autour desquels s’articule la vie politique présente un vrai leader?

Enfin et c’est une force du FN, laisser la place aux jeunes. Demain peut-être seront-ils atteints du même souci de renouvellement, mais en attendant c’est une de leur force de persuasion. Et tous ne sont pas seulement issus du même sérail.

Pour celles et ceux qui penseraient que je fais ici une quelconque apologie du FN, ils se trompent. J’explique juste ici que le laxisme par rapport à la loi de 1905, combiné à une attitude désinvolte par rapport au peuple, tant par le savoir-faire que le savoir-être, d’élus amène les électeurs à s’extrémiser.

Et si l’on essayait l’exemplarité et de vraies sanctions toutes aussi exemplaires en cas de problèmes judiciaires avec une cour dédiée aux élus locaux députés et sénateurs de façon à ne pas voir les affaires s’enterrer?

Si l’on essayait l’exemplarité et appliquait le non-retour à la vie politique même après avoir purgé une peine? Si l’on essayait l’exemplarité en comptant l’intercommunalité comme un mandat? Il y a donc des possibilités d’endiguer la montée du populisme. Encore faut-il que nos représentants nationaux assument leur fonction législative et arrêtent de vilipender trop facilement les électeurs.

 

 

 


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