Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

A force de parler de rentrée et de tracer des plans sur la comète politico-sociale, la voilà enfin cette rentrée avec l’impasse d’une éventuelle intervention extérieure (franco-américaine) bloquée par le Conseil de Sécurité paralysé par les vétos russe et chinois ; mais surtout avec l’interview présidentielle (président qualifié « d’Inspecteur Gadget » par Le Point qui n’en est plus à un titre près dans le dénigrement systématique) dans Le Monde ; celui du secrétaire général de la CGT (« Nous sommes prêts à entrer dans la mobilisation dure ») ; enfin l’attention attirée par l’Expansion sur les prochains krachs et les menaces qui se précisent. Tout d’abord les réponses du Président de la République au Journal Le Monde : nécessité d’une sanction contre Bachar Al Assad ; la France prête à agir même sans la participation de l’allié britannique ; il ne s’agit pas de renverser le dictateur syrien ; « le massacre de Damas ne doit pas rester impuni » ; une affirmation : « il y a peu de pays qui ont les capacités d’infliger une sanction par des moyens appropriés, la France en fait partie. Elle y est prête. » Précision : « Chaque pays est souverain pour participer ou non à une opération. » Voilà pour le volet syrien : réaffirmation d’une volonté d’action ; refus de s’engager à l’aune d’une opinion publique défavorable ; posture présidentielle dès qu’il joue dans le pré carré de son « domaine réservé » (tel que défini en 1959 : Défense et affaires étrangères). Il y a aussi le volet politique intérieure avec seulement 28 % d’opinions favorables, une reprise économique qui se fait attendre et l’inversion de la courbe du chômage non acquise pour la fin de l’année. Dans ses réponses aux journalistes, le Président assume « l’orientation sociale-démocrate avec la réforme des retraites et la réforme pénale arbitrée (et pour Valls et pour Taubira) le vendredi 30 Août. Comme si la ligne Moscovici-Valls l’emportait sur celle Montebourg-Taubira, le Président prenant acte « des lignes de force qui structurent une opinion à la fois plus attachée aux valeurs d’ordre et plus libérale sur le plan économique mais soulignant que « rien ne doit mettre à mal la solidarité gouvernementale. » Politique intérieure marquée aussi par les voix de Valls, Aubry, Montebourg (comme un petit air de Primaires puisque le Président va lui-même commettre un livre pour renouer avec son discours de campagne sur le « rêve français » malgré un agenda international chargé (G20 à St Saint-Pétersbourg les 5 et 6 Septembre ; Assemblée générale de l’ONU dix jours plus tard, investiture du Président malien.) François Mitterrand avait estimé en Septembre 1982 qu’il était opportun de « parler de la France ». Par son futur ouvrage et par son discours à la jeunesse, on a le sentiment que François Hollande veut réussir son « Figeac » à lui !

Ambiance et situation choisies par l’Expansion pour nous annoncer « les prochains krachs » avec l’explosion de bombes sociales, financières, bancaires, environnementales dont certaines pourraient exploser dès l’année prochaine. Face à l’optimisme présidentiel (tactique, politique ou stratégique), le tableau est inquiétant. En 2014 : un déficit vertigineux de l’assurance chômage qui affole les marchés (le déficit de l’UNEDIC devrait atteindre 4.8 milliards d’euros fin 2013 et sa dette cumulée 18.6 milliards) ; en 2014, la fête est finie sur le marché de l’or (les cours du métal jaune ont baissé de 500 dollars au premier semestre 2013) ; en 2015 la Banque Centrale Suisse piégée par l’euro ; 2017, une dette à 1 000 milliards de dollars pour les étudiants américains, une bombe qui risque d’exploser ; 2017 c’est aussi l’explosion de la précarité énergétique, le jour où le gouvernement présentera la vraie facture aux Français ; 2018 : dissipation du mirage du gaz de schiste (c’est là aussi une balle qui risque d’exploser) ; toujours en 2018, l’édition va devenir un modèle économique près de s’effondrer parce que l’économie générale du livre se dégrade… Amazon courtise désormais les auteurs pour les éditer ; 2018 c’est aussi – peut-être- les flots en série des studios de cinéma ; 2019, le risque de voir la dette publique française atteindre 120 % et donc subir une attaque terrible de la part des marchés ; en 2020, aggravation du trou du système des pensions qui atteindra 20 milliards d’euros dès 2016 (tout dépendra de l’évolution de croissance du PIB) ; 2024 verra la facture exorbitant du nucléaire dans le domaine civil; 2025 l’alerte rouge sur les impayés des crédits immobiliers ; 2030, l’Asie sous les eaux et 2040 en quête de 34.2 milliards d’euros pour les plus âgés. Restons néanmoins optimistes et combatifs. Comme l’écrivait René Char « Nous vivons dans l’inconcevable mais avec des repères éblouissants » !

 

Stéphane Baumont


UN COMMENTAIRE SUR La vraie rentrée

  1. Patrick AUBIN dit :

    “des lignes de force qui structurent une opinion à la fois plus attachée aux valeurs d’ordre et plus libérale sur le plan économique” : et oui, M. Le professeur de droit constitutionnel, c’est tout simplement le respect du Droit Naturel et donc des 4 droits fondamentaux de l’homme que sont liberté, propriété, sécurité et résistance à l’oppression (valeurs libérales), auquel les français sont viscéralement attachés, tout autant que peut l’être tout autre être humain. Seules les manipulations politiques des masses par des politiciens qui s’intéressent plus à l’argent de leurs concitoyens qu’au droit en ayant détourné le triptyque “liberté, égalité et fraternité” en solidarité forcée sont la cause des malheurs publics… rien ne sert de les énumérer, Mme Soleil fera tout aussi bien !!!

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