Thomas Simonian
Thomas
Simonian

La suite au prochain épisode

Prendre un ticket. S’asseoir dans un siège moelleux. Et se laisser bercer par le flot insubmersible des images, émotions et autres fantaisies cinématographiques. Cette routine, c’est agréable. Deux fois, c’est encore mieux. Les magnats du 7e art n’en démordent pas, ils ont tout compris au système, simple comme bonjour : un film plaît en masse, sa suite plaira aussi. Le tout reste de s’accorder sur une logique – parfois substantiellement illogique – qui mettra le consommateur de ticket, siège moelleux et grand écran en appétit. Comment faire ? Rien de plus simple. Vous êtes un producteur milliardaire, vous préparez la sortie d’un blockbuster. Alléchez le spectateur avec une fin emplie de suspense, au cas où la sauce prenne et que la demande soit unanime. La longue série des Spiderman avait été construite sur ce modèle.

Parfois,  le contexte est autre. Le petit bijou surprend, étonne, distrait et le bouche-à-oreille fait son bonhomme de chemin. L’engouement est tel que l’évidence nourrit la suite de l’histoire. Les acteurs s’attellent à raconter la suite, le consommateur ne doit pas être déçu. C’est si simple, tout le monde connait les personnages. Reste à innover la façon de narrer. Mais lorsque l’innovation peine à trouver sa route, le concept s’essouffle. La suite n’existe plus que par la création de son prédécesseur. Taken, Taken 2, Very Bad Trip, Very Bad Trip 2… On prend les mêmes, on change de pays, et on espère que le spectateur a la mémoire courte. Souvent insuffisant, terriblement décevant. Même les petites perles comme «Kirikou» perdent de leur saveur dans ce tumulte infernal de la prolongation. Pas de doute. Il faut être sorcier à Poudlard pour manier si bien le sort de la suite enchantée.

Ariane Riou


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