Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

La République face à la barbarie

Au moins 129 morts et près de 400 blessés à Paris dans une série d’attaques ‘’hyper-terroristes’’ : le Président de la République décrète l’état d’urgence, le Parlement a été convoqué en congrès à Versailles lundi dernier, des renforts militaires sont envoyés à Paris. Comme l’écrivent de nombreux éditorialistes et des experts : « La France est en guerre ». En guerre contre un « terrorisme totalitaire ». La France, pour d’autres, considère que cette guerre est là, qu’elle a déjà commencé, qu’elle se gagne ou qu’elle se perd, qu’elle a selon Christophe Barbier, trois dimensions : 1/ Il y a d’abord « le front mouvant qui fracture la Syrie et l’Irak où nous attaquons l’État islamique par des frappes aériennes insuffisantes » ; 2/ Il y a ensuite cet « hyperterrorisme mieux organisé qu’avant en employant des armes inédites : les kamikazes » ; 3/ Il y a enfin « la guerre civile sourde que l’Islam veut déclencher en France ». Il importe dès lors de combattre Daech en agissant au sol contre l’État islamique, tant il est désormais clair que la force de Daech « c’est qu’il nous renvoie techniquement prêts des guerriers que nous lui avons fournis psychologiquement disponibles ».

« La France est ce pays que les djihadistes aiment haïr »

D’où l’impératif pour le président de la République d’être, plus que jamais, « chef de guerre » et peut-être même prôner politiquement un gouvernement d’Union nationale, au moins pour le temps de la guerre ; comme l’écrit Jacques Attali, « on va peut-être repenser nos budgets de défense, de police, d’éducation, de santé ».

Mais au moment de rentrer dans cette guerre il faut tenter de répondre aux interrogations légitimes: 1/ La sécurité générale du pays permettra-t-elle d’accueillir la conférence climatique, les élections régionales ? Oui parce qu’il est hors de question de céder au chantage des terroristes ; 2/ La politique de lutte contre le terrorisme est-elle à la hauteur de la menace ? Tout d’abord, l’antiterrorisme est à la peine face à une menace insaisissable ; ensuite, les services de renseignement restent débordés ; 3/ Enfin, les raisons d’un tel acte sont-elles à trouver dans la politique étrangère de la France ? Paris est devenue une cible privilégiée avec l’extension à la Syrie des frappes contre l’État islamique.

Ainsi la France fait figure d’ennemi privilégié : « La France est ce pays que les djihadistes aiment haïr presque autant que les États-Unis » ; elle est aussi ce pays où « L’État islamique veut jouer sur les fractures sociales et identitaires » ; elle est sûrement l’incarnation de la République face à la barbarie.

 

 


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