Robert Redeker
Robert
Redeker

La presse et la seconde mort des poilus de Verdun.

Au moment de commémorer la bataille de Verdun, les journalistes et éditorialistes trop pressés foncent tête baissée pour diffuser leur foi : la guerre de 14-18 aurait été causée par le nationalisme et le souverainisme, et les soldats morts au front seraient des victimes de l’Histoire, qui convient dès lors d’honorer comme telles. Ces clichés faciles ne résistent pas à l’épreuve de la raison.
Cette guerre s’explique avant tout par l’impérialisme, le choc des impérialismes, plutôt que par le doublet nationalisme/souverainisme. L’on commet une faute de raisonnement quand on confond le nationalisme avec l’impérialisme. L’impérialisme est une pathologie du nationalisme, sa dégénérescence. D’ailleurs, c’est avant tout pour protéger la nation contre l’impérialisme allemand que toute une jeunesse a accepté d’aller sacrifier sa vie sur les champs de bataille. Les donneurs de leçon l’oublient : la jeunesse française s’est battue avec au cœur un ardent sentiment national. Pourquoi ? Parce que la nation était (est toujours) vécue comme une conquête du peuple. Il y a des acquis politiques comme il y a des acquis sociaux. La nation est l’acquis politique du peuple français, obtenu de haute lutte.

« Sans nationalisme ni souverainisme, pas de résistance au nazisme ! »

En 1940 se produisit ce que l’historien Marc Bloch appela « une étrange défaite ». Voici une vérité que l’idéologie dominante contemporaine cherche à cacher : ce sont des souverainistes et des nationalistes qui refusèrent cette défaite, pourtant bénie par les élites d’alors, qui organisèrent les premiers réseaux de résistance. Sans nationalisme ni souverainisme, pas de résistance au nazisme ! Le souverainisme a été l’âme de la résistance. La résistance ne fut pas d’abord une révolte morale contre l’idéologie nazie, elle fut d’abord une révolte politique contre l’occupation allemande, c’est-à-dire la suppression de la souveraineté. Chaque Français le sait : la fin de la souveraineté nationale signifie la fin de la souveraineté populaire.
« Verdun un crime nationaliste » écrit Laurent Joffrin dans Libération, reflétant l’opinion commune de la presse. Cette erreur d’analyse enterre une seconde fois les poilus sacrifiés au champ de bataille ! Les morts de Verdun ne sont pas des victimes de la folie des hommes, du nationalisme et du souverainisme. Ce sont des héros qui défendaient ce que les éditorialistes d’aujourd’hui condamnent en le renvoyant pour le meilleur à la ringardise et pour le pire au Mal.

 


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