Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

La politique en recomposition ?

Le monde politique français bruit, intra-muros, de rumeurs de recomposition, peut-être en pensant qu’après les départementales, les municipales et les régionales, par l’installation du FN comme premier parti de France avec 6,8 millions de voix, avaient contribué au changement d’ampleur du paysage politique. La dramatisation des enjeux, l’appel à éviter la “guerre civile”, le spectre de 6 régions sur 13 gagnées par le FN, tout cela a contribué à une mobilisation qui a empêché au moins une victoire régionale par le FN.

Face à cet événement politique, chacun y va, moins de la décomposition d’un système que de la recomposition pour demain, peut-être même avant les présidentielles. Ainsi au « pays de la recomposition », Raffarin lance un « pacte républicain pour l’emploi » que le bondissant Valls rattrape immédiatement en républicain social démocrate ; François Fillon lui, demande au président de se réveiller sur le front du chômage alors que Bernard Tapie nous apprend son retour en politique en re-déclarant, comme il y a quelques années, le chômage illégal ; François Hollande, comme dans sa campagne de 2012, commence, sur le fond comme sur la forme, à se “mitterrandiser” en jouant au chat et à la souris avec ses gauches et ses droites, main serrée à Xavier Bertrand surmédiatisé, utilisation habile du silence ; irruption confirmée du “quadra”, Laurent Wauquiez face à un Bruno le Maire à la veille de nous livrer son nouvel ouvrage étant tout bonnement son programme dans des primaires.

« Les leçons viennent peut-être d’au-delà des Pyrénées »

Alors qu’en est-il de cette recomposition ? Passe-t-elle par un renouvellement des partis politiques ? Passe-t-elle par une révision constitutionnelle majeure qui éliminerait la Constitution de 1962 (élection du président au suffrage universel direct) au profit du régime primoministériel de 1958 ? Qui aurait le courage “suicidaire” de proposer un tel référendum sur l’élection la plus populaire de toutes nos élections ; et c’est pourtant de ce mode d’élection qu’est née et qu’a perduré la dérive en monarchie républicaine et en pouvoir personnel. Il faudrait bien qu’un jour on joue cartes sur table. Car la recomposition concerne ces acteurs du politique que sont les gouvernants, mais aussi les gouvernés qui veulent que la démocratie représentative ait une réalité concrète. Une vraie recomposition pour un “jardin à la Française” bien géométrique et sans chiendent ou pour la “Révolution” qui dise haut et fort son actualité face à toutes ces réformes qui participent de l’impressionnisme et du flou du politique en cette fin 2015. Les leçons viennent peut-être d’au-delà des Pyrénées.

 

 


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