Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

La politique a horreur du vide

Décidément, la campagne électorale des présidentielles de 2017 commence bien tôt. On voit là une des conséquences du quinquennat qui transforme vite le président en “éternel” candidat à sa succession mais aussi la conséquence d’une impopularité pérenne du chef de l’État qui n’a plus les moyens politiques de bien utiliser le temps qui lui reste pour se servir de ses armes constitutionnelles.

Se pose donc le problème d’une dernière année de quinquennat complexe à faire fructifier tant le manque de légitimité du président compense à peine la légalité de son maintien à la présidence de la République jusqu’en 2017. Comme le disait le Général de Gaulle, « après moi ce ne sera pas le vide mais le trop-plein ».

Ce trop-plein nous l’avons, à droite avec les primaires où l’on frôle la quinzaine de candidatures, au moment même où les frondeurs de gauche souhaitent une primaire que le président Hollande veut d’autant moins qu’il connait l’effet délétère des sondages qui escortent la terrible et pathétique défiance qui marque la fin du mandat. Certains vont d’ailleurs plus loin au moment où un nombre important de gros cumuls font mieux comprendre pourquoi Emmanuel Macron tente d’accélérer l’histoire à coup d’hyper médiatisation.

« Le populisme est une forme de construction de la politique »

Quatre éléments méritent d’être retenus : 1/ 14 ans après le 21 avril 2002, la campagne pour 2017 est marquée par l’affaiblissement historique du PS menacé d’élimination dès le premier tour ; 2/ Jean-Luc Mélanchon est en position très favorable avec des sondages qui le placent quasiment au niveau du président Hollande dans l’opinion publique ; 3/ La gauche peut-elle se renouveler autrement que par un populisme de gauche, comme le propose le philosophe Chantal Mouffe pour qui « le populisme est une forme de construction de la politique. C’est la façon d’établir la frontière entre le peuple et l’establishment » et qui ajoute qu’un « nous de gauche » doit être capable d’agréger plusieurs luttes différentes. Face à ce “populisme de gauche” avec notamment les dernières bougies de la Nuit Debout qui a montré son intolérance en agressant le philosophe Finkielkraut, la gauche constate que l’impensé de 2002 est en passe de devenir fatalité en 2017 : en effet F. Hollande, élu sur les malentendus du “changement” et d’un “rêve français” inconsistant s’est installé dans un déni de la réalité, ne réussissant pas à rendre dynamique la trilogie “Liberté, Égalité, Solidarité”.

À défaut de miracles, la fin du hollandisme est proche. Elle n’est pas encore écrite !

 

 

 


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