Thomas Simonian
Thomas
Simonian

La nature a horreur du vide…

C’est Voltaire qui disait : « je suis né… tué…», tant il avait le sentiment que le goût à la fête, à la joie de vivre lui avait échappé dès le berceau.

Alors, peut-être est-il bon de se demander si les Français ne sont pas malades d’un pessimisme chronique ? Oui, sommes-nous un Peuple incapable d’optimisme et seulement conditionné pour se plaindre en permanence de tout et de rien ? Seulement intéressé à ne voir dans le quotidien que la matière à le faire râler en permanence ? Un peuple qui aime et reconnaît le talent que quand leurs auteurs sont morts ?

Dans le même esprit, faut-il croire la rumeur étrangère qui en apparence nous dédierait un amour fou, mais qui avec une belle lucidité nous rappelle que si pour d’autres européens les banalités sont considérées comme l’honorable substance de la conversation, les Français quant à eux préfèreraient toujours un mensonge bien dit à une vérité mal formulée ?

Voilà qui pourrait poser le décor d’une conviction partagée, par le plus grand nombre, il faut l’avouer ! Quasi l’estocade si les mêmes, bien pensants étrangers, n’appuyaient pas sur le sens des circonstances atténuantes, qu’ils définiront par un peuple malade du cafard chronique

Un peuple où règnera toujours l’insatisfaction au point de voir dans «l’Autre» le drame de sa vie. Oubliant tout simplement d’accepter le destin, d’oser toujours le courage de l’affrontement pour éviter de concevoir des dérobades orchestrées. Oui, un peuple qui aura bien du mal à se retrouver autour d’une même idée, d’un même combat et même d’une victoire… Exception faite à la Libération, en 45… Et aussi, il faut bien le dire, en 98 avec la victoire des Bleus… Mais après avoir bien critiqué, déjà, le sélectionneur…

Un peuple qui oubliera les recommandations d’un Albert Einstein quand il nous dira que «Le Monde ne sera pas détruit par ceux qui font du mal, mais par ceux qui regardent et refusent d’agir.»

 

Le plaisir du devoir accompli est-il de notre temps ?

 

Pourtant la vie quand elle n’est pas souffrance, pourrait être prétendue comme le plus merveilleux des jeux. Sauf que sans la souffrance notamment physique et intellectuelle qui vont procurer le plaisir du devoir accompli, comment apprécier le moment vécu ? Où sont les fondements de la vraie vie ? Celle qui mérite que l’on se lève chaque matin le défi dans le corps, justement pour ne pas la perdre. Pour ne pas la brûler par le petit bout de la chandelle, sans n’avoir rien appris d’elle, sans l’avoir marquée de notre empreinte.

Alors, dans ce pays qui a vu grandir et s’exprimer les meilleurs penseurs, les esprits les plus critiques comme les plus libres pourquoi encore aujourd’hui, à l’aurore de ma vie, pour me sentir protégé dois-je apprendre à me révéler, à me sentir sérieux, enfin moi, que dans l’obscurité ? Pourquoi à la lumière des autres devrais-je paraître faible et léger devant tout ? Oui, pourquoi à la lumière des autres, ici dans ce qui est mon pays, ma ville, devrais-je ne pas oser exprimer ma pensée par peur du croche-pied, des coups bas, des représailles inavouées officiellement ? Serait-ce vraiment la seule manière de me protéger des autres ?

Le «vivons cachés pour être heureux» serait donc toujours plus d’actualité, aujourd’hui qu’hier ? C’est vrai que la bêtise humaine voit partout des objectifs à atteindre dans la seule optique de nuire à l’Autre et bien souvent faciliter «le crime gratuit…». Pourtant, restons lucides, rien ne vaut un rêve d’avance à partager… On ne gagnera jamais rien à vouloir éliminer l’Autre, c’est vérifié chaque jour.

 

La Grandeur de la France…

 

Est-elle toujours là ? Ou, doit-on croire les pessimistes de nature, les empêcheurs de tourner en rond, ceux pour qui l’Histoire de France s’est arrêtée à la bataille de Marignan. Ceux qui nous rappellerons que cette fascination pour la grandeur de la France, était probablement vraie hier, mais qu’elle est aujourd’hui inscrite dans le passé d’autres siècles ?

Les mêmes esprits chagrins relèvent que pour exister, on se doit de jouir du moment comme du plaisir de plaire. Sauf que la France ne sait plaire que quand elle est libre, joyeuse, engagée pour défendre l’humanité, remettre l’Homme au cœur de ses préoccupations. Et il suffit de peu pour que la France soit encore capable de transformer les concepts en mythes, qu’elle soit capable de nous faire rêver ; de nous donner matière à nous projeter dans l’avenir, de donner du sentiment vivant aux idées, de faire que la valeur d’appartenance soit indiscutable et pas discutée.

Mais qui pour rallumer la flamme ? Qui pour nous redonner la fierté d’être de ce Pays, la France ? Qui pour nous rappeler tout ce que pays nous a donné et particulièrement à nous les «binationaux»… ?

Pour ma part, il ne me viendrait jamais à l’idée de fêter l’élection du Président de la République en défilant avec le drapeau espagnol, italien pour rappeler mes origines, ou marocain pour rappeler mon lieu de naissance. Pourtant ces pays, je les ai dans mon cœur. Ils sont une partie de moi que je ne renierai jamais. Mais ma patrie c’est la France, mon hymne à défendre la Marseillaise et je suis fier de la chanter. Oui à la manière d’un Alain Mimoun, la légende de l’athlétisme français qui vient de nous quitter et qui tout au long de sa vie se sera battu pour porter et défendre, le plus haut possible les couleurs de son pays… par son «Amour de la France»…

Aujourd’hui à oublier toutes ces belles valeurs, par stratégie politique, à trop jouer avec le feu, on va arriver à servir sur un plateau notre pays aux fanatiques de tous poils et ils ne sont pas seulement à l’extrême droite.

 

Une pincée de spirituel…

 

Et puis, la vitalité d’un peuple ne se lit-elle pas dans une fiction capable d’engendrer des espoirs et d’y faire adhérer le plus grand nombre ? Lutter, souffrir, être fier et mourir pour elle, voilà qui révèle la force intuitive d’une Nation. Hier les idées de la France ont été des idées vitales pour lesquelles on s’est battu corps et âmes. Si la France conserve encore aujourd’hui une place prépondérante, un rôle décisif, dans le monde, c’est pour cette force passée. Cette force de croire en demain louée ici et là pour l’exemple qui allait transformer le rêve en réalité. Ces forces vitales sont toujours là mais qui pour nous les rendre encore accessibles ?

Aujourd’hui les Français ne veulent plus croire, ni animer l’espoir en demain. Le ridicule les guette en permanence, ils ne sont plus crédibles. Les affaires sont là et nous démontrent chaque jour un peu plus que nous sommes inscrits dans une république bananière avec des intouchables qui, quelque soit le domaine abordé, font fi de toutes les règles de conduite et de déontologie jetant de fait l’opprobre sur toute une génération de politiques, droite et gauche confondues, mais pas seulement, sachons tous balayer devant notre porte. La décadence pourrait nous guetter si d’aventure nous ne prenions plus la force de rêver, de croire encore en demain…

Alors posons-nous la question : si, à ce peuple de France, il ne manquait, pour se surpasser, qu’une pincée de spirituel ? On le sait, si l’intelligence n’est pas greffée sur le cœur, elle se trouve de fait stérile.

 

Canal+ qui joue les guignols de l’info…

 

Constat d’autant plus prégnant que depuis que la France a renié sa vocation de grande soeur de l’Eglise, aujourd’hui il est ridicule de confier que l’on est croyant. Alors la manducation s’élève au rang de rituel. Au point de voir Canal+ ne plus hésiter à tenter de ridiculiser la Cité Papale, la religion Catholique et son représentant suprême le Pape, pour faire rire quelques guignols d’un «Petit Journal». Mais aussi probablement pour faire plaisir aux Qataris et à leurs pétrodollars voire donner quelques forces de plus au Front National… J’attends avec impatience le même type de sujets mais sur le Mur des Lamentations et surtout sur la Mecque… Chiche ? Car pour moi, qui suis pourtant profondément laïque, banaliser le fait que nos origines soient judéo-chrétiennes, n’est pas le fait d’entrer dans d’autres débats, mais simplement de rappeler que là pourrait être le début de la décadence… C’est oublier aussi et tout simplement que quand l’Homme n’a plus rien, seule sa Culture et son histoire vont lui permettre de pouvoir se tenir debout et libre, jusqu’à l’instant ultime…

 

Le début de la fin…

 

Oui, un pays tout entier qui ne croit plus à rien, quel spectacle exaltant sur l’instant pour se donner la force de revendiquer tout et rien. Mais ô combien dégradant pour l’individu qui ose se regarder, s’affronter ! Et puis, entendre ici et là, du dernier des citoyens au plus lucide, à tort ou à raison, que la France n’existe plus, que l’on nous a privé de toute ambition et donc de tout pouvoir, que nous sommes finis, puisque nous n’avons plus d’avenir, n’est-ce pas l’encouragement, la porte ouverte à tous les excès en tous domaines et surtout à tous ces marchands de rêves en tous genres, prêts à capter l’intérêt de ces proies faciles ? Car combien se sont abandonnés avec volupté dans l’essence de l’amertume, se sont délectés du manque d’espoir d’une société, pour asseoir leur fonds de commerce dévastateur ? Combien de fois ont-ils roulé leurs frissons désabusés sur des plaies à peine ouvertes, dans le seul intérêt d’engager le chaos et ainsi favoriser leurs scenarii de dictateurs déguisés en prophètes ?

La politique partisane à tout prix a vécu et ne fait le jeu que des marchands de sommeil. Il est temps d’être responsables et d’arrêter de tout fustiger en pensant affaiblir l’autre. Car c’est en fait scier la branche où sont assises toutes nos belles certitudes.

Et nous les médias nous aurions intérêt à trouver justement là, notre meilleur rôle à jouer, celui de défendre coûte que coûte notre pays. Cessons de crier avec les loups…

 

 

André Gallego

Direction ligne éditoriale

Président de France Génération plurielle

andreg@aol.com

 


UN COMMENTAIRE SUR La nature a horreur du vide…

  1. garcia dit :

    superbe édito … qui mérite la diffusion.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.