Thomas Simonian
Thomas
Simonian

Le Ministre de l’Education Nationale, François Peillon, l’a surtout promise dans les prochains programmes scolaires et dès la rentrée. Une initiative qui serait louable et même incontournable dans l’apprentissage de la vie et du mieux vivre ensemble ; dès le plus jeunes âge. Sauf que la morale se mesure et s’apprend surtout par l’exemplarité. Et il faut bien reconnaître que depuis bon nombre de décennies, pour ne pas dire depuis toujours, elle n’est pas, le point fort des Hommes en vue comme des décideurs de notre pays, tous domaines confondus… Ces derniers, appliquant le plus souvent et avec une malice extrême le fameux proverbe, du conseiller qui n’est jamais le payeur.

Au point même que notre société se soit inscrite d’année en année dans une violence passive, qui à force de faiblesses coupables nous a amenés sans qu’on y prenne garde à la société de violence qui est la nôtre aujourd’hui. Comme l’actualité vient de nous en donner un exemple frappant, avec l’un des syndicats de la magistrature qui, se gardant de tout principe de déontologie, sur son fameux «Mur des Cons», porte à la vindicte de ses propres adhérents bon nombre de personnalités connues, tous domaines confondus. C’est ainsi qu’au-delà des traditionnelles cibles politiques, on va trouver le portrait de Mireille Matthieu, qui aura pourtant fait plus, pour la reconnaissance de notre pays, que n’importe lequel de ces malappris… Mais aussi et surtout le Général Philippe Schmitt, père d’Anne–Lorraine assassinée le 25 novembre 2007 par un récidiviste, un peu trop vite libéré de prison, à qui ces hommes de lois reprochent, ne pas avoir accepté la fatalité, dans le deuil qui le touche. Quel père digne de ce nom pourrait-il accepter de ne pas en vouloir à la société qui s’est rendue laxiste en libérant, trop tôt, un récidiviste qui allait tuer son enfant ? Des actes répréhensibles qui donnent foi, ironie du sort, à la formule d’un certain Rimbaud pour qui la morale ne serait que «faiblesse de la cervelle». Veillons à ce qu’elle ne soit pas trop reprise de nos jours.

Que dire aussi des comportements quotidiens de nos contemporains qui, de jours en jours entraînent notre société dans une anarchie coupable. Ici des voitures garées, en toute impunité, sur les trottoirs, là des piétons qui ne respectent pas les passages pour piétons, d’autres qui grillent les feux ou prennent les giratoires à contre-sens. Ou celles et ceux qui abandonnent à même les trottoirs leurs ordures, leurs mobiliers usagers, ordinateurs, pneus etc. Mais n’est-il pas déjà trop tard ?

 

Penser un nouveau mode de société…

 

Des petits maux quotidiens qui défigurent notre ville, défigurent notre pays, pourrissent la vie de la majorité d’entre-nous qui au contraire ont, du savoir vivre, de l’éducation, du respect envers les autres. Au point même de se demander aujourd’hui si ces derniers ne sont pas justement à côté du sujet. Si à trop vouloir vivre dans la règle, dans la loi, on ne se prépare pas à être rapidement exclus du système. Plus, si par volonté de respect des autres, comme par tradition, inculquer les règles de mieux vivre à nos enfants n’en ferait pas des victimes annoncées, en décalage réel avec ce monde où la violence est maîtresse. Car finalement la question que l’on est en droit de se poser aujourd’hui, c’est de savoir si à trop jouer, ici et là, la tolérance, à ne pas faire respecter simplement la loi, on n’a pas créé toutes les conditions d’un point de non-retour, favorisé l’émergence d’une prise de pouvoir, pour ne pas dire d’une emprise d’une minorité sur notre espace vital. S’il n’est pas déjà trop tard pour s’attaquer, avec un espoir de succès, à la racine du mal qui s’expose partout autour de nous.

Sauf que les petits dérapages d’hier, font aujourd’hui la «une» des faits divers de nos médias préférés, sans leur assurer d’ailleurs la moindre promesse de vente supplémentaire. Tant nos concitoyens semblent désabusés devant un phénomène de société que personne n’ose prendre à bras le corps pour avoir une chance de l’éradiquer. Alors dans ces conditions apprendre, qu’en plein centre de Toulouse, une jeune étudiante est agressée par des voyous qui en voulaient à son sac, devient d’une banalité déconcertante. Que dire aussi de nos autorités fiscales qui n’hésitent pas à bloquer plusieurs jours le compte bancaire d’une maman, sous le prétexte du non-paiement d’une contravention qu’elle n’a jamais reçue. N’y avait-il pas d’autres moyens ? Ailleurs ce sont des voyous qui en toute impunité s’attaquent à un train de banlieue, personne ne sera condamné… Ici, d’autres piègent avec violence et par jeu du risque, des policiers. Là aussi la seule réponse à ces actes criminels, de la part des autorités, est de prendre garde à ne pas envenimer la situation.

Surréaliste ! On en arrive même à tout taire pour simplement ménager la susceptibilité de ces voyous. Pourtant oser s’attaquer aux forces de l’ordre est l’acte de révolte le plus intolérable, car il dénote un abandon de valeurs non négociables, au profit d’une dérive inéluctable.

Qui a intérêt aujourd’hui à laisser pourrir la situation ? Qui a intérêt à ce que cette majorité silencieuse ait demain l’envie de donner acte à la révolte qui la nourrit chaque jour un peu plus… Qu’elle ait envie de descendre dans la rue pour tout renverser ?

Assez de toutes ces repentances chroniques qui voudraient nous voir coupables de tous les maux de la terre et même plus. Que l’on ne se méprenne pas, tous ces désordres chroniques sont organisés et même instrumentalisés. Car pendant ce temps ceux qui nous dirigent, les hauts fonctionnaires, comme nos politiques, tissent pour eux et pour leurs descendances des avantages en tous genres que le français moyen ne saurait même pas imaginer.

Il est temps de penser un nouveau mode de société, basé simplement sur la vraie morale : celle qui voudrait que l’on établisse un ensemble de règles de base qui au lieu de séparer et de monter les Français les uns contre les autres, leur apprendraient que l’on a tout intérêt, à titre individuel comme collectif, à œuvrer ensemble. Que l’on ne peut rien envisager de meilleur, sans le dévouement de tous. Car tout repose sur la qualité des actes, de la parole donnée, des gestes envers l’Autre, sur les bonnes intentions que chaque individu, qui compose cette collectivité, aura pour l’Autre… Que l’on n’est finalement rien sans le regard, le sourire, la poignée de main de l’Autre.

Un vivre ensemble optimisé, dans une société où la religion ne serait qu’un choix individuel, ni à sacraliser, ni à vilipender… Mais surtout pas le moyen de nous diviser de nous entraîner vers le chaos.

Oui, il est temps d’agir, demain, il sera trop tard.

 

André Gallego

Direction ligne éditoriale

Président de France Génération Plurielle

andreg@aol.com


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