Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

La mise en garde du FMI

Au-delà des noyades et des fric-frac de la Côte d’Azur, du scandale des écoutes qui s’invite dans la campagne électorale allemande, de la purge de l’armée turque avec la condamnation à la perpétuité de l’ancien chef de l’Etat-major, du patron d’Amazon qui s’offre le Washington Post, c’est en cette période de vacances -presque « absolue » ! – le rapport du FMI qui nous permet d’avoir une lecture du paysage économique donc politique de la France différent. Les rapports restent des rapports – toujours contestables, toujours contestés – mais ceux du FMI ont le mérite du sérieux et de la rigueur et deviennent des référents pour les mondes politique, économique et financier. Alors quoi de mieux, au soleil, et avec des températures moins caniculaires, que de tirer les leçons d’une lecture de ce rapport, déjà fortement médiatisé : le FMI préconise une pause fiscale pour rétablir la confiance notamment celle des entreprises et prédit une petite reprise (0.8%) mais ne croit pas à une baisse du chômage en 2014 contredisant en cela les prédictions d’un Président de la République très présent sur le terrain parce qu’à ses propres dires « le chômage ne part pas en vacances ». Le message est très clair de la part du FMI : cessez d’augmenter les impôts si vous voulez que la France renoue avec la croissance, évitez, mais n’est-il pas trop tard ? Que les taux de prélèvements obligatoires atteignent un pic de 46,5 % en 2014. Le FMI souhaite un infléchissement de l’austérité souhaité à Paris. Lisons ce passage du rapport : «  D’ici à la fin 2013, le gouvernement aura réalisé aux deux-tiers l’effort entrepris en 2011 pour stabiliser les déficits. Étant donné ce bilan et le caractère toujours hésitant de la reprise, le gouvernement devrait ralentir le rythme de l’ajustement ». Le FMI propose donc d’abandonner l’alourdissement fiscal prévu afin, peut-être, de tenter d’endiguer la crise de confiance qui « tétanise » les consommateurs et les chefs d’entreprise. Mais peut-on objectivement penser renouer avec une société de confiance telle que le veut l’imaginaire politique du Chef de l’État avec un renversement de la courbe du chômage impossible d’ici fin 2013-2014 et sur une perte de compétitivité malgré le crédit d’impôt compétitivité qui réduira de quelque 3 % le coût du travail en 2015. Dans une France où 11M des actifs sont sans emploi, où les entreprises ne créent pas d’emplois on ne peut parler de reprise donc de renaissance de la « société de confiance ». Quand la croissance est atone – à peine au-dessus de zéro – (0.1 % du PIB de la zone euro, 0.2 % en France), la conjoncture continue d’entretenir le pessimisme. L’été et les vacances ne le font pas oublier ; les recommandations du FMI doivent entretenir la réflexion et l’action des gouvernants parce que … le pire n’est jamais sûr !

Stéphane Baumont


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