Alex Lekouid
Alex
Lekouid
L comme Lekouid

La messagère

Paris, Xe siècle, à l’heure des premières lueurs du jour. Une femme crie d’effroi en découvrant un homme étendu dans son sang. Les habitants alertés accourent et découvrent la scène, tout en remarquant un autre individu caché sous une charrette. « Regardez c’est le meurtrier » s’écria l’un d’eux, « il est couvert de sang, attrapons-le ! » L’homme est aussitôt traîné de force jusqu’au palais de la cité pour y être arrêté. Bien qu’enchaîné, il clame son innocence aux gardes. « Ce n’est pas moi ! J’ai vu le meurtrier s’enfuir alors je me suis approché de ce pauvre bougre pour lui apporter mon aide, mais il l’avait égorgé. En voyant son sang sur mes mains j’ai été pris de panique et me suis caché, j’avais peur qu’il revienne ». Devant l’accusation des nombreux témoignages qui suivirent, le roi Robert II ordonna qu’on lui coupe la tête. Quelques jours plus tard, le peuple est rassemblé sur la colline de Gibet de Montfaucon pour assister à la décapitation. L’heure venue, le désigné est conduit sur l’estrade au milieu d’une foule déchaînée. « À mort ! Vermine ! Il doit payer pour ce qu’il a fait ! »

« Elle nous dit que cet homme n’est pas coupable »

Humilié, accablé et sans espoir, il se résigne à perdre la vie en s’agenouillant. Il pose sa tête sur le billot et la relève aussitôt « Un instant s’il vous plait ! » Avec ses mains attachées dans le dos, il éloigne une coccinelle posée à sa place sur le rondin de bois. « C’est moi qui dois mourir, pas elle ! » Puis il replace sa tête. Les gens sont interloqués et concluent qu’un homme aussi bon ne peut pas être l’assassin. La hache se lève dans le ciel, le monde retient son souffle, quand le coléoptère revient se poser sur le cou du malheureux. Le bourreau hésite un instant et décide de l’enlever, mais le roi demande ce qui se passe. Le bourreau troublé explique le phénomène et dans un silence total se remet en position. Aussitôt, la coccinelle virevolte et se place cette fois sur le tranchant de la hache. À ce moment, une voix s’élève. « C’est un signe de Dieu, il est innocent ! » Devant ce spectacle, les gens se mettent à murmurer, le bourreau s’interrompt et le roi se lève pour prendre la parole. « Cette coccinelle est sans doute la messagère de Dieu, elle nous dit que cet homme n’est pas coupable. Qu’il soit libéré sur-le-champ ! »Quelques jours plus tard, le véritable assassin fut pris sur le fait lors d’un autre crime…

Cette légende, que j’ai largement romancée, s’est répandue à travers les villes et le temps. Depuis, la coccinelleest considérée comme un porte-bonheur surnommé, “la bête à bon Dieu”.

 

 

 


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