Michel Montagne
Michel
Montagne
Délégué régional Mouvement associatif LRMP

La loi du 1er juillet 1901 est l’un des piliers de notre Ré­publique.

Depuis plus d’un siècle. Ce contrat associatif permet librement à chaque citoyen de s’organiser et de s’engager sur un projet collectif d’une façon désintéressé, de partager une éthique et des valeurs.

Sur la Métropole Toulousaine, plus de 7200 associations comptant plus de 300 000 adhérents, soit près d’un citoyen sur deux, agissent au quotidien pour le bien commun. C’est autant de femmes et d’hommes au cœur de l’action collective, participant au développement territorial tout en véhiculant des valeurs de proximité, de partage et de diversité.

Dans une société qui s’interroge justement sur ce qui “fait société”, il faut reconnaître les associations comme un corps intermédiaire porteur des aspirations et des innovations sociales de nos concitoyens ; une auto-organisation de la société qui produit du lien social. L’association est un espace d’apprentissage et de traduction des préoccupations individuelles en projets collectifs.

Par leur mission d’utilité sociale, elles disposent d’une solide connaissance des habitants et de leurs besoins. Par leur poids économique, elles participent à la production de biens et de services. Les associations constituent un levier important des politiques publiques.

« Les associations représentent une force, une inventivité dont la société ne peut se passer »

Elles rassemblent des projets très divers qui irriguent l’ensemble de l’économie locale, tout en partageant des caractéristiques essentielles : un projet économique au service d’une utilité sociale, un modèle économique qui hybride les ressources financières (recettes d’activité, subventions, aides aux emplois, cotisations, dons, etc.) et non financières (bénévolat, implication des usagers, mise à disposition de locaux, etc.) et une gouvernance démocratique qui implique ses membres dans la construction des réponses à leurs besoins.

Dans le contexte actuel de remise en cause de l’économie “classique” marqué par la nécessité de replacer l’humain au centre, les associations représentent une force, une souplesse, une inventivité dont la société ne peut se passer. Caractérisées par leur ancrage local historique, elles constituent une opportunité pour permettre le développement d’une économie de proximité et favoriser la croissance durable que la société appelle de ses vœux.

Pourtant, elles sont aujourd’hui fragilisées par un environnement en pleine mutation : décentralisation, évolution des modalités de contractualisation avec les pouvoirs publics, processus d’évaluation, professionnalisation, transformation des formes d’engagement, complexification des projets et exigence de montée en compétences des bénévoles et des salariés, etc.

Face à l’accroissement des besoins sociaux, elles sont contraintes d’évoluer rapidement sous peine d’une perte d’efficacité et de sens de leur action. Pour changer sans se dénaturer, il est impératif que les associations bénéficient d’une nouvelle politique associative territoriale qui nécessite un véritable changement dans la façon de penser la place des citoyens organisés dans l’action publique et le débat démocratique.

 

 


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