Philippe Bapt
Philippe
Bapt
Quelque part au fond à gauche...

La grogne normale

La grogne est un sentiment bien français me dit-on. S’agit-il d’un travers transmis de génération en génération ? Mais est-ce normal de constater que des taxis libéraux aux agents fonctionnaires, professeurs ou de l’hôpital public jusqu’aux agriculteurs, rien ne va plus ?

Pour les taxis, en bagarre contre les VTC, d’après vous, la normalité est-elle de n’être soumis à aucun impôt ? Vous savez cette imposition qui permet la solidarité nationale. Ou la normalité est-elle de ne pas s’être doté d’outils de communication tels une application de géolocalisation efficace pour répondre à la demande des consommateurs propriétaires à 97% de mobiles ? De leur côté, les fonctionnaires servent le service public. Leur sacerdoce n’est pas à remettre en cause. Surtout que l’attrait du salaire n’est pas la motivation première. Et justement, le point d’indice qui est la base de calcul du salaire dans la fonction publique n’évolue pas depuis plusieurs années. Le travers de ce mode de calcul est que lorsque l’on augmente la valeur du point d’indice, ce sont les agents-cadres mieux dotés en nombre de points, qui profitent de cette évolution de salaire au détriment des agents de moindre catégorie. Du côté éducation, la réforme des collèges pose beaucoup de soucis au monde enseignant.

 « Oui, en France, on grogne »

Ne parlons pas du monde de la santé qui rappelle son dévouement normal, comme à Paris lorsqu’il a fallu, le 13 novembre dernier, faire face à l’afflux de blessés suite aux attentats. Mais pour le reste, on ne prend que trop peu en compte le mal-être des infirmiers et cadres infirmiers particulièrement. Ceci dit, à partir du moment où le président de l’Assemblée nationale lui-même, Claude Bartolone, lors d’un malaise, ne se rend pas à l’hôpital public… tout est dit. Puis le monde agricole est secoué comme l’an passé : les éleveurs sont en crise suite au retour de la grippe aviaire pour les volaillers, mais aussi les céréaliers qui voudraient juste avoir des “règles du jeu” qui ne varient pas au gré des mois pour budgéter leur activité et voir leurs aides enfin arriver… La trésorerie n’est pas leur fonction en lieu et place de l’État.

Bref, en France on vit une rentrée sociale d’année civile normale. Oui, en France, on grogne. La période de vœux et de recueillements passée, la morosité s’exprime.

Et dimanche, durant l’émission “Le Supplément”, sur Canal+, j’aurais aimé que Najat Vallaud-Belkacem prenne la mouche face à un monsieur qui se dit “musulman normal”, mais qui ne serre pas la main des femmes ou ne dénonce qu’avec difficultés les agissements de Daesh. J’aurais aimé une ministre normale. Quand je lis que la préfecture de Calais a laissé se dérouler une manifestation qui n’a pas manqué de dégénérer autour de la question des migrants, de la “jungle”, je me demande si la gauche nationale est bien normale.

Ho, nous avons aussi une droite normale rassurons-nous. De Paris à Toulouse, rien ne bouge, normal. D’un côté, Nicolas Sarkozy tente un come-back littéraire avec en ligne de mire les primaires de novembre et de l’autre, Laurent Wauquiez propose comme évolution sociale… un recul de 80 ans sur la durée de travail hebdomadaire. Enfin, à Toulouse, la mairie a accordé la délégation de service public de la majorité des parkings à une filiale de Vinci… Ô Toulouse, ô surprise… mdr !

 


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